12 Juin 2018

Burkina Faso: Procès putsch - L'audience reprend ce jeudi

La défense a obtenu le renvoi au jeudi 14 juin, sine die, de l'audience consacrée au début des interrogatoires des accusés du putsch manqué pour défaut d'avocats, ce mardi 12 juin 2018.

L'audience du putsch manqué s'est rouverte ce mardi 12 juin, avec l'examen de nouveaux déports d'avocats et la constitution d'anciens conseils auprès de leurs clients.

En effet, le tribunal a accepté le déport de deux avocats commis d'office dont celui du Général Gilbert Diendéré. Hospitalisé la semaine dernière pour des soucis de santé, il s'est présenté aux juges ce matin. Son ancien conseil s'est constitué, de nouveau, pour le défendre.

Quant au colonel Omer Bationo qui était sans défense, il a eu une avocate, Me Mariam Kanyili. Elle a sollicité d'un report de deux semaines pour bien prendre connaissance du dossier de son client, car elle l'a reçu rien que le 31 mai dernier.

Cependant, les accusés Me Mamadou Traore et Relwendé Compaoré restent sans conseils, leurs avocats s'étant déportés. D'où la demande des avocats de la défense de reporter l'audience, préalablement prévue pour le début des interrogatoires des accusés. Elle se fonde sur l'article 43 de la loi portant organisation de la chambre criminelle qui dispose qu'à l'audience, la présence d'un avocat auprès d'un accusé est obligatoire.

Pour Me Dieudonné Boukoungou, l'audience ne peut pas se tenir sans que les deux accusés n'aient des conseils pour les défendre Il a dit vouloir un procès équilibré pour tous. « Si on continue le procès sans que ces personnes n'aient des conseils, c'est un traitement discriminatoire. Vous avez toujours fait œuvre utile en protégeant la défense des accusés », a dit Me Antoinette Ouédraogo de la défense, au tribunal.

Pour le procureur militaire, c'est Relwendé Compaoré qui a refusé l'assistance de l'avocat commis d'office. « Pour Me Traoré, l'essentiel est que des mesures urgentes soient prises pour lui commettre un autre. Ce n'est pas son tour de passer à la barre, il n'y a pas de problème », a soutenu Alioune Zanré.

De quoi irriter la partie civile. Me Farama a fait le « constat amer » que les déports sont « abusivement » utilisés comme stratégie de défense. « Tout montre à croire que la défense abuse des règles prévues », a indiqué Me Guy Hervé Kam.

Le tribunal ayant constaté que l'article 43 divise les différentes parties, il a suspendu l'audience qui reprendra le jeudi 14 juin 2018, à 11 heures, le temps de statuer sur les demandes.

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