14 Juin 2018

Sénégal: Situation des albinos dans le pays - Entre marginalisation et risques sanitaires

La journée mondiale de l'albinisme a été célébrée hier, 13 juin, au Sénégal. Occasion pour les albinos sénégalais de crier leur désarroi. Ils sont partagés entre les difficultés pour l'accès à l'éducation et les nombreux problèmes de santé, notamment le cancer.

Le 13 juin de chaque année, il est célébré la journée mondiale de l'albinisme. Pour cette édition 2018, le Sénégal rejoint la communauté internationale pour apporter son soutien contre les nombreuses formes de discrimination des personnes atteintes d'albinisme. Placée sous le signe : « Change ton cœur, pas ma couleur », les albinos sénégalais essaient de réponse à ce cliché par lequel ils font l'objet de croyances et de mythes erronés, favorisant leur marginalisation et leur exclusion sociale. Si dans le monde, ils sont 20 000 albinos de naissance dont 4 000 en Afrique, leur nombre est difficilement chiffrable au Sénégal et fait l'objet de controverse.

En effet, selon l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), le nombre de personnes atteintes est estimé à 2040, alors que le président de l'Association nationale des albinos du Sénégal (ANAS) avance, quant à lui, le chiffre de 10 500 sur une population globale d'environ 14 millions d'habitants. Ces nombres sont rapportés dans un document en date du 06 avril sur la situation des albinos au Sénégal et les persécutions auxquelles ils doivent faire face, élaboré par la Division de l'information, de la documentation et des recherches de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Selon cette étude, « les albinos font face à de nombreux problèmes de santé qui ne sont pas pris en charge par le système de santé sénégalais ». Le document sur les albinos fait savoir que « outre les cancers de la peau, ils ont pour la plupart de graves troubles de vue ».

Sans crème solaire à indice très puissant, les albinos sont souvent condamnés au cancer de la peau. En effet, l'étude informe que « les albinos atteints de cancer de la peau n'ont une espérance de vie que de 45 ans et environ 30 à 35 albinos meurent de cancer chaque année au Sénégal ». Ces risques sanitaires ont, lit-on dans le document, des conséquences néfastes sur leur accès à l'éducation, à l'emploi et à leur intégration dans la société.

Face à cette situation, les albinos du Sénégal sonnent l'alerte et exigent une prise en charge correcte. En plus de porter un plaidoyer sur l'urgence de mettre en place un programme national pour prendre en compte leurs préoccupations des personnes vivant avec l'albinisme. Car, indique Bamba Diop, président des Albinos au Sénégal, « nous sommes confrontés aux problèmes d'accessibilité dans les structures de santé et l'absence de leurs besoins spécifiques dans l'Education ». En ce qui concerne la question de la santé, le président des Albinos a fait savoir que « le cancer de la peau est en train de ravager la population albinos ».

Ainsi, il propose la mise en place d'une usine de fabrication de crème solaire au Sénégal et une exonération des droits de douane sur certains produits. Pour le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, « la journée internationale de sensibilisation à l'albinisme nous donne l'occasion de manifester notre solidarité avec les personnes vivant avec l'albinisme et d'unir nos efforts afin que ceux qui sont souvent les plus marginalisés puissent vivre à l'abri de la discrimination et de la peur et exercer pleinement leurs droits fondamentaux ».

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