17 Juin 2018

Burkina Faso: EBOMAF déploie ses bulldozers au Libéria

Le chef d'Etat libérien, George Weah a promulgué la convention de construction d'infrastructures routières entre son pays et l'entreprise burkinabè EBOMAF d'une valeur de 250 milliards de francs CFA, le jeudi 14 juin 2018, à Monrovia, capitale du Libéria, au cours d'une cérémonie à laquelle ont assisté le premier responsable de l'entreprise, Mahamadou Bonkoungou et le ministre burkinabè en charge des affaires étrangères, Alpha Barry.

L'ambition de construire l'Afrique que nourrit l'Entreprise Bonkoungou Mahamadou et fils (EBOMAF) se concrétise davantage au fil des marchés qu'elle exécute à travers le continent africain.

Le jeudi 14 juin 2018 à Monrovia (capitale libérienne), le nom de l'entreprise a été, cette fois, inscrit dans l'histoire du Libéria, après que George Weah a promulgué la convention de construction de 337 km de routes pour 250 milliards de francs CFA entre l'Etat libérien et la société EBOMAF.

Les travaux sont prévus pour durer trois ans et concernent trois sites, dont un important lot à la frontière entre le Libéria et la Côte d'Ivoire et deux autres sites à l'intérieur du pays.

Immédiatement après l'internalisation de cette convention dans le système juridique libérien (comme le prévoit la législation de ce pays), l'information passait en boucle dans les radios locales, signe de l'importance de ces travaux pour ce pays en construction, relevée par le Président George Weah. « Nous voulons nous développer.

Pendant longtemps notre peuple est resté en attente de bonnes routes. Si tout se passe bien, dans trois ans nous aurons nos infrastructures routières, de très bonne qualité, ce sera magnifique », a-t-il déclaré.

Mister President a rappelé la grande place que son programme de gouvernance accorde aux infrastructures routières, notant que 94% du réseau routier libérien est défectueux. « C'est la clé du développement socioéconomique », a-t-il justifié.

Leader du BTP en Afrique de l'Ouest

Le choix de l'entreprise burkinabè EBOMAF s'est fondé sur une vision communautariste, par la volonté du Libéria de travailler avec des acteurs de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), selon ce qu'a laissé entendre le Président Weah. « Il faut travailler avec nos frères et sœurs.

Merci à EBOMAF qui a eu le courage de s'engager dans ce défi. Aujourd'hui c'est un grand plaisir que cette entreprise travaille avec nous pour la construction de nos routes », a-t-il expliqué.

Le « footballeur président » a dit fonder l'espoir que ce partenariat sous- régional soit fructueux, invitant le leader de Bâtiment et travaux publics (BTP) burkinabè à « démontrer à tout le monde qu'il est un grand et bon travailleur pour mériter la confiance qui lui a été donnée ».

Sans être intimidé par l'importance du marché et les grandes attentes que nourrissent les Libériens sur ce marché, EBOMAF se réjouit plutôt de pouvoir démontrer son expertise en matière de BTP.

Le Président- directeur général du groupe (PDG), Mahamadou Bounkoungou, qui a fait le déplacement de Monrovia pour assister à la promulgation de la convention, s'est référé à l'expérience du groupe dans plusieurs pays dont le Benin, la Côte d'Ivoire, la Sierra Leone et l'Espagne. M. Bonkoungou s'est dit confiant que son entreprise dispose de l'expertise humaine, technique et matérielle requise pour exécuter le marché et livrer des infrastructures de qualité dans les délais contractuels.

Les défis multiples qui se présentent à EBOMAF au Libéria ont tous été pris en compte selon le PDG. « Nous avons pris les mesures pour dépasser la barrière linguistique.

Nous avons également pris la mesure du chômage dans ce pays qui sort d'une longue période de guerre civile, et nous savons que la jeunesse attend beaucoup des contrats que le pouvoir signe.

Aussi, la consistance du marché fait qu'il faut un peu plus d'organisation et de détermination. Mais tout compte fait, je peux vous assurer que nous serons à la hauteur, nous avons eu des défis qui dépassent celui-là et on a toujours réussi à les surmonter », a rassuré le PDG d'EBOMAF.

L'entreprise a déjà les yeux tournés vers d'autres marchés. Mahamadou Bonkoungou a ainsi laissé percevoir qu'il est en négociation pour d'autres travaux aussi bien au Libéria qu'en Sierra Leone. Selon les dires de l'homme d'affaires burkinabè, EBOMAF est dans une dynamique de conquête du marché de la construction en Afrique et veut s'imposer comme le leader du BTP.

C'est dans cette dynamique que le groupe s'est implanté au Benin, en Côte d'Ivoire, au Mali, au Sénégal, et même en Espagne et s'est à présent lancé sur les chantiers des pays anglophones.

« Nous voulons surtout construire notre patrie, l'Afrique, à commencer par l'Afrique de l'Ouest », a expliqué Mahamadou Bonkoungou. Et cette conquête passe par une relation privilégiée avec les premiers responsables de ces pays, occasion pour le PDG de saluer les Présidents libérien et burkinabè qui ont fait confiance à son entreprise.

Une fierté burkinabè

C'est ce qui a justifié la présence du ministre burkinabè en charge des affaires étrangères, Alpha Barry, à la cérémonie de promulgation de la convention entre EBOMAF et l'Etat libérien. L'officiel burkinabè s'est en effet réjoui du choix de la société burkinabè pour participer à la reconstruction du Libéria et a exprimé la reconnaissance du Burkina Faso au peuple libérien pour cette confiance.

Alpha Barry s'est porté garant de la bonne exécution du marché, relevant le leadership de l'entreprise de BTP burkinabè. « Le Libéria a porté un champion à sa tête. Il est tout à fait normal que ce champion se réfère à un autre champion pour réaliser ses travaux. Quand deux champions africains se rencontrent, c'est l'Afrique qui gagne », a-t-il souligné.

L'entreprise EBOMAF, créée en 1989 au Burkina Faso a entrepris l'internationalisation de ses activités au début des années 2000, remportant des marchés d'infrastructures routières de plusieurs milliards de francs CFA dans la sous-région ouest africaine. L'entreprise a été retenue en conseil des ministres le 8 juin 2018 pour le projet de bitumage du boulevard périphérique de la capitale burkinabè pour plus de 181 milliards de francs CFA.

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