17 Juin 2018

Congo-Kinshasa: Concerto politique

Que des partitions jouées en République Démocratique du Congo autour des enjeux de l'heure cristallisés sur la problématique de la tenue des élections attendues depuis fin 2016 alors que l'actuel Chef de l'Etat arrivait au terme de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. A quelques jours de la phase cruciale de la convocation du corps électoral conformément au calendrier publié par la CENI, le Congo-Kinshasa semble projeté dans l'ère du tout peut arriver dès lors que jusque-là, le suspense perdure quant à l'enjeu politique majeur, à savoir : la problématique d'une probable quête d'un troisième mandat pour le Président Kabila.

La rencontre de Luanda qui était censée livrer les derniers détails devant permettre de mieux lire le cheminement des choses, dès juillet-août 2018, a été tout simplement décalé à la demande de Kinshasa où une belle partition politique a été savamment jouée pour éviter ce sommet pressenti coupe-gorge pour le régime après les déclarations du duo Cohen-Macron, acquiescées par Luanda et Kigali.

Au lieu d'un face-à-face en Angola, Kinshasa communique sa vision tout en demandant un report par une lettre à toute la série de Chefs d'Etat dont les présences étaient programmées pour cette rencontre au sommet des Grands Lacs sur la crise politico-électorale congolaise qui, l'ombre des deux mois à venir, devra entrer dans une phase décisive. Toujours attendu sur l'éternelle question de sa représentation aux prochaines joutes électorales pour un troisième mandat, Joseph Kabila fait convoquer une session extraordinaire fin juin au Parlement durant laquelle la loi sur le statut d'anciens Chefs d'Etat sera abordée et, cerise sur le gâteau, l'homme, connu pour son silence parleur, promet de délier sa langue. Une fois encore, le monde se demande que va dire Joseph Kabila Kabange ?

Les experts en scénarios se perdent déjà en conjecture et pronostics. Toutefois, il appert qu'il a vraiment à dire puisque parler devant le Congrès alors qu'il faille encore s'adresser le 30 juin à la nation laisse transparaitre qu'il y a effectivement des point à mettre sur les "i". Ce discours météo de la suite des événements sur la scène politique congolaise saura livrer les détails espérés à Luanda pendant que le corps électoral sera convoqué pour la course à la députation provinciale et qu'un juillet très mouvementé se profil à l'horizon avec les menaces d'une reprise des activités du Comité Laïc de Coordination et la venue annoncée d'Antonio Guterres. Ce, avant l'ultime cap qu'est et sera le délai compris entre fin juillet et début août avec le dépôt des candidatures pour la présidentielle. Si la partition mystère sur troisième mandat est encore de rigueur à Kinshasa après l'oral devant Députés et Sénateurs puis celui du 30 juin, du 25 juillet au 8 aout, les rideaux devront se lever. Et, le concert politique au Congo-Kinshasa saura livrer les dernières partitions qui seront jouées par le lobby anti-3ème mandat qu'est le bloc Paris-Kigali-Luanda, le lobby de l'alternance que sont les opposants et les caciques du régime. Partout, il appert que les fers sont au feu.

Congo-Kinshasa

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