18 Juin 2018

Sénégal: Kaluga, cette ville russe où les journalistes sénégalais font la star

La Coupe du monde, Russie 2018, est l'occasion pour beaucoup d'habitants de Kaluga de voir en vrai, pour la première fois de leur vie, des Noirs.

Les Sénégalais, qui ont débarqué dans cette ville pour les besoins de la couverture médiatique de cette compétition, ne passent pas inaperçus. Bien au contraire, ils sont, en permanence, interpellés en ces termes : « Photo, photo ». Même les plus vieux n'échappent pas à ce rituel, devenu, depuis quelques temps, un effet de mode.

A Kaluga, camp de base des "Lions" à cette 21e édition de la Coupe du monde, les Sénégalais cristallisent toutes les attentions. Les résidents de cette ville russe située à 158 kilomètres au sud-ouest de Moscou, la capitale, sont excités à l'idée de les rencontrer et de fraterniser avec eux. En ville, dans les rues, les jardins publics, les journalistes sénégalais sont constamment interpellés en ces termes : « photo, photo ! ».

Difficile de marcher 10 mètres sans faire l'objet d'une demande de « selfie ». D'autres les confondent même avec certaines vedettes de l'équipe du Sénégal. « Sadio Mané ? Koulibaly ? », s'interrogent-ils.

Certains Sénégalais prennent, en tout cas, un malin plaisir à signer des autographes, au grand bonheur de leurs hôtes. « Nous sommes devenus des stars ici, hein », dit avec humour un confrère, étonné devant tant de curiosité. Même les personnes les plus âgées ne peuvent s'empêcher de prendre des séances de photos.

Un rituel en passe de devenir un effet de mode, depuis que les journalistes sénégalais ont débarqué dans cette ville, il y a une semaine pour les besoins de la couverture médiatique de la Coupe du monde. Ce samedi, de retour d'une promenade, un vieillard, le pas lent, les avait suivis pendant plusieurs minutes avant de rattraper le groupe. « Photo », demande-t-il avec émotion.

Pour beaucoup d'habitants de Kaluga, la présence de Noirs chez eux relève d'un évènement historique. C'est un fait inédit. « Tout ce que nous connaissons de l'Afrique c'est ce qu'on nous a appris à l'école, c'est sa géographie.

Nous ne voyions les Noirs qu'à travers la télévision, les films de cinéma. C'est la première fois de ma vie que je vois de visu un Noir », avoue, dans un français moyen, Anna Ianova, étudiante dans une université locale. Lieu cosmopolite, Kaluga est, sans conteste, une ville ouverte où se côtoient plusieurs nationalités.

On y rencontre des Ouzbèks, des Kazakhs, des Arméniens, des Turques, des Polonais, beaucoup d'Ukrainiens etc. A ce propos, Anna nous fait savoir que l'Ukraine n'est pas loin de Kaluga. Ce pays de l'Est a une histoire avec la Russie ; ayant été un important dispositif dans l'ex-Urss disparue au début des années avec la chute du Mur de Berlin.

Signes de leur ouverture d'esprit, les habitants de Kaluga sont très accueillants. « Do you like Kaluga ? », (Est-ce que vous aimez Kaluga ?), ne cessent, d'ailleurs, de nous demander les personnes rencontrées dans la rue, dans un anglais approximatif. Il faut dire qu'ici, rares sont tout de même ceux qui parlent bien d'autres langues que le russe.

Toutefois, ses résidents sont conscients de l'importance de connaître les autres langues et par ricochet les autres cultures. Et c'est la raison pour laquelle certaines langues comme l'anglais et le français sont maintenant enseignées dans les écoles et intéressent de plus en plus, les Russes et notamment la jeune génération.

Samedi passé, Sharapovna, une jeune mariée était enthousiasmée à l'idée de parler de l'histoire de Kaluga dans la langue de Shakespeare. Une façon pour elle de tester son niveau en anglais. « Nous sommes des débutants dans l'apprentissage de l'anglais et c'est toujours une belle opportunité de converser dans cette langue », a-t-elle expliqué.

Berceau de l'exploration spatiale

Créée au XIXe siècle sur la frontière sud-ouest de la Moscovie, Kaluga est reliée à Moscou par une ligne de chemin de fer et par une ancienne route, connue sous le nom de « route de Kaluga ».

Cette route fut la voie choisie par les troupes de Napoléon Ier pour s'échapper de Moscou à l'automne 1812. Voilà qui explique certainement le fait que Kaluga soit considérée comme la ville la plus française de Russie, en plus du fait qu'elle accueille aussi une bonne minorité de citoyens français.

En Russie, Kaluga a un statut particulier. C'est une ville qui est très liée à l'histoire cosmonautique. L'astronomie russe a atteint son apogée au début des années 1960, du temps fort de la guerre froide avec le rival américain. Kaluga a donc été au cœur de la conquête de l'espace et est considérée comme « le berceau de l'exploration spatiale ».

Une de ses larges et belles avenues porte d'ailleurs le nom de Youri Gagarine, en hommage au premier homme qui est allé dans l'espace en 1961, avant que l'Américain Neil Amstrong ne marche sur la lune en 1969. Kaluga abrite le musée d'Etat de l'astronautique qui attire un grand nombre de touristes, sans oublier son stade Sputnik qui renvoie encore à la glorieuse épopée de l'astronomie russe.

Autant de sites historiques qui font de Kaluga une localité très culturelle et chargée d'histoires. Sur le plan religieux, une bonne partie de sa population est catholique.

Le dimanche matin, les chapelles, qui ont étendu leurs tentacules un peu partout, sonnent sans discontinuer. « Il y a aussi des musulmans et des bouddhistes », révèle Sharapovna qui magnifie la cohabitation pacifique entre les adeptes de ces différentes religions.

L'autre spécificité de la ville de Kaluga est l'importance qu'elle occupe dans l'économie nationale. C'est un pôle industriel qui accueille de grands constructeurs automobiles tels que l'Allemand Volkswagen, le Suédois Volvo, le Français Renault etc.

Une présence qui s'est traduite par le recours à une forte main d'œuvre locale et contribue, sans doute, au développement socio-économique de la localité.

Avec ses immeubles qui poussent comme des champignons, ses ruelles propres et larges, ses espaces verts, ses jardins publics, ses KFC, ses fast-food « made in Russia » et banques, Kaluga est une ville à la fois moderne et développée.

Ce qu'il faut relever encore, c'est surtout cette volonté des autorités locales de bien maîtriser l'industrialisation à travers une politique écologique qui a fini de porter ses fruits.

A Kaluga, la faune est très développée, de même que les espaces verts, faisant de cette région l'une des moins polluées de Russie. Et un lieu où il fait bon vivre.

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