20 Juin 2018

Congo-Brazzaville: Hugo Konongo - « J'ai tellement faim de football »

De retour de l'entraînement avec le Cherno More Varna, le latéral gauche international revient sur sa deuxième partie de saison en Bulgarie et sur ses aspirations pour la saison à venir. Il évoque également la difficile période qu'il a connue depuis son départ de Clermont. Avec franchise et lucidité.

Hugo, ça y est, les vacances sont terminées ?

Oui, nous avons repris hier (mercredi 13 juin). Une reprise en douceur avec un peu de toucher de ballon et un footing. Comme j'ai joué les quatre derniers matchs de la saison, je bénéficie d'une reprise personnalisée, avec quelques exercices physiques, mais sans ballon.

Il ne s'est passé que trois semaines depuis votre défaite en finale des play-offs pour la Ligue Europa...

Oui, le temps de voir la famille et de se ressourcer. Ça m'a fait du bien au niveau mental. Mais j'ai tellement faim de football que je suis content d'avoir repris. Je veux faire une grosse préparation pour faire une grosse saison : ce que j'ai fait lors des quinze matchs disputés depuis mon arrivée au Cherno More, je dois le faire sur un championnat entier, en mieux.

On peut en déduire que tu ne seras pas concerné par l'actualité des transferts et que tu joues la stabilité à Varna ?

Même s'il y a des sollicitations cet été, je continue l'aventure avec le club et mon coach, Ilian I lliev. Je n'oublie pas que c'est lui qui m'a donné ma chance en février dernier et je veux lui rendre cette confiance. Ici, j'ai le cadre nécessaire pour poursuivre sur cette bonne dynamique. La saison prochaine, ce n'est pas quinze matchs que je veux faire, mais une saison entière.

A ton arrivée en février 2018, les premiers matchs ont été difficiles physiquement...

Je suis arrivé avec 10 kilos en trop et presque un an sans jouer (quatre matchs de CFA avec Paulhan-Pézenas en 2017). Ça a été très dur, mais je me suis battu, j'ai travaillé pour convaincre le coach de me donner ma chance.

Tu reviens, en effet, de loin car, depuis ton départ de Clermont, en juin 2015, ta carrière a tourné au ralenti.

Effectivement, j'ai fait de très mauvais choix et je les assume. Je n'ai pas été sérieux, je me suis probablement vu trop haut, je me suis cru arrivé, alors que ce n'était que le début. Je suis tombé de très haut et ça a été dur de rebondir. Aujourd'hui, au Cherno More, j'ai la chance de pouvoir évoluer dans un bon championnat, de rendre le sourire à ma famille, qui n'a pas très bien vécu ces années de galère.

En mars 2017, sur le plateau du Vestiaire, Sonia Souid, ton ancien agent, n'a pas été tendre avec toi, en te citant.

ça m'a fait mal sur le fond et sur la forme. À l'époque, j'étais en situation d'échec à Sedan et cette émission m'a encore plus mis dans le mal. Sur le moment, j'ai été surpris de ce déballage, même si nous avions eu des différends. Mais finalement, ça a été un mal pour un bien. Ça a été une motivation supplémentaire de montrer à tout le monde que je valais mieux que ça.

Cette sortie médiatique, tu l'expliques comment ?

Quand je suis arrivé à Clermont, je ne jouais pas. Et à ce moment-là, quand j'essayais d'appeler mes agents, ils ne répondaient jamais. J'ai fini par les rencontrer pour leur dire que je ne voulais plus travailler avec eux. Ils n'ont pas accepté ma décision. Dans le même temps, j'ai commencé à avoir du temps de jeu et comme par hasard, ils sont revenus vers moi. Mais pour moi, c'était trop tard. Je pense qu'elle(Sonia Souid, qui a fait des déclarations dans la presse) l'a mal pris, qu'elle était vexée.

Aujourd'hui, tu travailles avec Walid Bouchenafa, qui a déjà collaboré avec Madianga, les frères Nanitelamio et Kifoueti...

Oui, c'est Walid qui m'a sorti de la galère. Quand j'étais à Sedan, il m'avait proposé la Bulgarie, mais j'avais refusé car, à l'époque, je pensais avoir des offres en France. Mais je me suis finalement retrouvé à Paulhan-Pézenas en CFA. Au bout de trois matchs, j'ai arrêté. J'étais tellement loin, en termes de structures, d'organisation, du niveau que j'avais connu, que j'étais dégoûté du football. Malgré mon refus initial, il est revenu me voir quelques mois plus tard et m'a dit : « Prends un billet et viens faire un essai au Cherno More ». Comme j'étais en méforme, ça n'a pas été terrible, le coach doutait, mais Walid a fait le forcing pour qu'on me prenne quand même. Je ne le remercierai jamais assez pour ça.

Que peux-tu nous dire sur la Bulgarie, son championnat, le niveau ?

Ici, je m'éclate. Le jeu me correspond bien, ça joue au ballon. En termes de niveau, derrière Ludogorets qui aurait sa place sans problème en Ligue 1, je dirais que la plupart des équipes ont le niveau du haut de tableau de Ligue 2 et le reste du National. Mais avec une volonté de jouer, c'est ouvert et offensif.

Finalement, à 26 ans, tu es parvenu à l'âge de raison : tu reprends ta carrière là où tu l'avais laissée à Clermont ?

J'ai eu un problème d'immaturité, je le sais : j'étais flambeur et j'ai suivi les mauvaises personnes. J'étais un petit garçon qui a toujours été attiré par ce qui brille et qui, du jour au lendemain, a eu les moyens de se les offrir. J'ai payé pour savoir que ça n'est pas compatible avec le football. Et aujourd'hui, je ne veux pas laisser passer cette deuxième chance, en faisant le tri autour de moi, en me concentrant sur l'essentiel et sur mon métier. Je veux et je dois le faire pour ma famille et en particulier pour ma mère.

La famille Konongo, justement, elle serait heureuse de te revoir sous le maillot des Diables rouges...

Bien sûr. Un retour au haut niveau, c'est aussi un retour en sélection. C'est l'objectif de redevenir sélectionnable, de venir titiller la concurrence en équipe nationale et de porter à nouveau ce maillot, au pays, devant mes grands-parents. Je vais tout faire pour porter haut le Congo et le nom de la famille Konongo.

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