20 Juin 2018

Burkina Faso: Affaire de soutenabilité !

Pour les uns, c'est une « foire » dont rien de bon ne sortira. Pour les autres, c'est du cinéma entre copains. Inutile donc de s'y mêler. Pendant ce temps, ceux d'en face estiment que l'heure est grave car la situation est intenable et insoutenable.

Pour eux, il faut prendre le taureau par les cornes, discuté pour trouver des solutions afin de sauver le Burkina Faso de la dérive. Et ils ne rigolent pas !

C'est dans cette ambiance que la conférence sur la rémunération des agents publics de l'Etat s'est tenue, du 12 au 14 juin 2018 à Ouagadougou. La rencontre a accouché de nombreuses propositions pour un Burkina Faso nouveau.

En un mot, dans le Burkina nouveau, on tend vers l'unicité. Plus de supers fonctionnaires. Sans déshabiller Pierre pour habiller Paul, ce serait désormais « à diplôme égal, salaire comparable », a soutenu le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.

En tous les cas, cette conférence de 72 heures a accouché de multiples recommandations. Ça rationnalise, ça plafonne, ça supprime même, pour arrondir les angles.

Ainsi, pour ce qui est de la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l'Etat, les recommandations consistent, entre autres, à adopter une loi organique portant principes fondamentaux applicables à l'ensemble des emplois et agents publics ; opter pour une grille indiciaire harmonisée.

Et, décidemment, afin de rendre soutenable les dépenses de l'Etat Burkinabè, personne ne semble épargné. Ainsi est-il suggéré de supprimer certaines institutions de la République telles que le CES, le Médiateur du Faso, le Haut conseil pour la réconciliation et l'unité nationale(HCRUN) et le Haut représentant du Président du Faso.

Et, sur l'épineuse question du fonds communs, à défaut de le supprimer, il est recommandé de l'encadrer par une loi en l'indexant aux amendes et pénalités et plafonner les montants à servir en les limitant à 25% au maximum de la masse salariale annuelle des bénéficiaires, avec comme date d'effet, le 1er janvier 2019 ; le tout assorti d'un décret précisant les modalités de répartition.

Sur le traitement salarial, le Secrétaire général de la Confédération syndicale burkinabè et porte-parole de ceux des organisations syndicales qui ont pris part à la conférence, Olivier Guy Ouédraogo soutient : « 80% des travailleurs verront leur traitement évoluer vers les 20% qui avaient des statuts autonomes et autres et qui avaient des salaires nettement plus élevés ».

De façon plus simple, en attendant de voir plus clair, il se susurre que 80% des fonctionnaires vont obtenir une augmentation de salaire de 29000 FCFA, plus un 13e mois. Ah oui, de quoi diviser les agents publics de l'Etat ! N'est-ce pas cela déshabillé Pierre pour habiller Paul ?

Ce qui est évident, la conférence soulève beaucoup plus de questions que de réponses. Une conférence sur la remise à plat des rémunérations qui, comme bien d'autres fora organisés en fanfare, accouche de recommandations pas claires et précises.

Devrait-on produire un tel document sans qu'aucun chiffre n'en ressorte. Quel était la masse salariale de départ ? Quel sera l'impact des mesures proposées sur la masse salariale à l'arrivée ? Le problème de soutenabilité posé va-t-il être réglé par la mise en œuvre de ces mesures ?

Autant de questions qui font dire, qu'une fois de plus, le politique a pris le dessus sur le réalisme économique. Finalement, on aura réussi une chose et de la plus belle des manières: celle d'opposer les burkinabè autour de querelles de chiffonniers les évitant de percevoir ou d'oublier que le navire tangue...

Comme si les organisateurs ont pressenti que le climat social risque de se surchauffé, ils ont envisagé un moratoire autour de certains points précis, à l'effet d'obtenir une accalmie nécessaire pour la mise en œuvre des conclusions de la conférence en travaillant à l'inclusion de tous les syndicats dans la négociation du moratoire (trêve). Mais comment négocier une trêve avec des gens qui n'ont pas pris part à une rencontre et qui disent ne pas se reconnaitre dans les décisions ?

Le porte-parole des organisations syndicales qui ont pris part à la conférence, Olivier Guy Ouédraogo, en est conscient et a du mal à cacher son mécontentement. « Je ne peux pas dire que je suis satisfait. Au moment où je vous parle, il y a des camarades qui ne sont pas contents.».

Eh oui, effectivement, la coordination des syndicats du ministère des Finance est en grève du lundi 18 au vendredi 22 juin 2018. Et c'est chaud ! Le bras de fer est engagé.

Le gouvernement, pour contrer les syndicats, a autorisé le ministre de l'Economie et des Finances à procéder au recrutement de personnels d'appoint (retraités et volontaires) pour assurer la continuité du service, lors du conseil des ministres du 18 juin. Est-ce la solution ? La guerre des chefs est ouverte et est sans pitié pour le pays.

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