20 Juin 2018

Sénégal: Lutte contre le VIH - Les "populations clés", cible privilégiée par l'ANCS pour l'atteinte des "trois 90%"

Dakar — L'Alliance nationale des communautés pour la Santé (ANCS) compte rompre avec les méthodes classiques de lutte contre le Sida en misant sur des offres de services différenciées ciblant principalement des "populations clés", des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (MSM en anglais), des "professionnelles du sexe" ainsi que des consommateurs de drogues injectables.

Les "populations clés" stigmatisées et marginalisées "ne sont pas suffisamment atteints dans la prise en charge alors qu'elles sont les plus touchées par les nouvelles infections", a expliqué le chargé de programme de l'ANCS, Massogui Thiandoum, en marge d'une visite des établissements chargés d'assurer la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH/Sida à Dakar et sa banlieue, mardi.

"C'est là où nous devons axer nos interventions et faire une offre différenciée pour innover, changer de paradigmes et aller toucher les plus difficiles d'accès puisque l'offre de service classique a montré ses limites", a-t-il souligné.

La réussite de ce "virage" devrait permettre de toucher 90% de la cible en termes de dépistage, d'accès aux antirétroviraux et de réduction de la charge virale.

En 2016, l'ONUSIDA lançait un appel pour mettre fin à l'épidémie du VIH d'ici 2030, avec l'objectif d'arriver à ce que d'ici 2020, 90% des personnes infectées connaissent leur statut sérologique, 90% des personnes dépistées séropositives aient accès au traitement ARV et 90% des personnes séropositives placées sous traitement aient une charge virale indétectable.

Dans l'optique de l'atteinte des objectifs de ces "trois 90%", le Sénégal est "en bonne voie avec les meilleurs chiffres dans la sous-région mais avec beaucoup de défis à relever", notamment en ce qui concerne le taux de dépistage, qui atteint actuellement "69% alors que la couverture en antirétroviraux est à 57%, là où la suppression de la charge virale reste à 19% en 2016", a indiqué M. Thiandoum.

D'où selon lui l'option de mettre en avant les communautés vivant avec le VIH où la prévalence est la plus élevée (23%) par rapport à la population générale (0,5%).

L'ANCS a enrôlé dans cette perspective 124 médiateurs issus de ces "populations clés", pour faciliter l'accès aux services et aux soins des personnes vivant avec le Vih, leur prise en charge médicale et sociale mais également contribuer à fluidifier leurs rapports avec les professionnels de la santé.

Il s'agit à terme de mettre la personne vivant avec la VIH "au cœur de sa propre prise en charge, en allant au-delà de la simple implication des associations de PVVIH", a expliqué Fallou Sylla, directeur de l'antenne sénégalaise de la "Coalition Plus".

Cette organisation présente au Mali, en Guinée et au Sénégal, aide les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre à mutualiser leur expertise et savoir-faire, dans une démarche de partenariat Sud-Sud.

"Nous voulons prouver qu'il est possible d'arrêter l'épidémie en s'appuyant sur la communauté des personnes les plus touchées", de manière à créer des conditions favorables à une plus grande accessibilité des services de soins, a expliqué Fallou Sylla.

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