20 Juin 2018

Algérie: SOS Racisme écrit au président Macron - "le temps de la vérité dans l'affaire Audin est venu"

Paris — Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a affirmé mercredi dans une lettre au président Emmanuel Macron que le temps de la vérité dans l'affaire Audin "est venu", soulignant dans cette lettre que "c'est le mensonge qui a longtemps prévalu".

Le mathématicien militant de la cause algérienne Maurice Audin a été arrêté le 11 juin 1957 par les parachutistes de l'armée française à Alger en pleine guerre de libération nationale. Il fut torturé et assassiné et son corps n'a jamais été retrouvé depuis.

Dans cette affaire, appelée "Affaire Audin", le président de SOS Racisme a souligné que "c'est le mensonge qui a longtemps prévalu".

"Les pouvoirs publics ont développé pendant plusieurs d'années la thèse d'une tentative d'évasion rendant impossible la restitution du corps. Ils ont produit des faux pour masquer un crime, s'obstinant, dans un silence coupable, à nier, à masquer ou à détourner les regards. Car il y eut bien crime, seule explication compatible avec la mystification orchestrée par l'Etat autour des circonstances du décès de Maurice Audin", a-t-il expliqué.

Il estime qu'au-delà de la responsabilité du président Macron dans la reconnaissance "immédiate" du crime, les Français pourront "enfin connaître la chaîne des responsabilités dudit crime par l'armée française et la place que l'Etat, qui lui conférait des pouvoirs spéciaux, y occupa", ajoutant qu'au-delà également de cette affaire, "ce qui est en jeu, c'est (...) la reconnaissance de l'arrestation des 3024 autres personnes disparues dans des conditions similaires de janvier à septembre 1957 et de l'usage massif de la torture par l'armée française pendant la bataille d'Alger et la guerre d'Algérie".

Pour le président de SOS Racisme, la France "doit pouvoir avoir enfin la maturité de regarder ce que fut cette guerre dans toute son horreur et sa violence", soutenant qu'il n'est pas possible de construire "sereinement" l'avenir, au sein d'une société française "dont des dizaines de millions de personnes ont à voir avec cette histoire mais également dans la relation franco-algérienne, sans avoir dénoué les nœuds de passions et de douleurs qui s'expriment depuis plus de 50 ans".

Il affirme qu'il faut de la reconnaissance de ces crimes qui est "attendue et elle adviendra".

"Cette reconnaissance, nous en avons besoin pour accepter le passé, mais aussi pour nous projeter collectivement dans un avenir bâti sur la confiance en une société démocratique qui refuse et combat l'arbitraire", a-t-il ajouté, souhaitant avoir l'assurance de "vivre dans une société où l'individu et ses droits ont la primauté sur l'Etat profond et sa raison".

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