21 Juin 2018

Afrique: Rapport 2018 sur les politiques alimentaires mondiales - Stimuler les dépenses agricoles pour soutenir la croissance et le développement en Afrique

communiqué de presse

Selon le Rapport sur les Politiques Alimentaires Mondiales de 2018, lancé par l'Institut international de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI), la chute des dépenses publiques agricoles en Afrique menace les perspectives de croissance économique et les progrès réalisés par de nombreux pays africains pour réduire la faim et la malnutrition.

Les experts présents à la cérémonie de lancement ont salué les progrès réalisés par de nombreux pays africains, mais ont averti que les pays doivent tenir leurs engagements pour stimuler les dépenses agricoles afin d'atteindre des objectifs de développement ambitieux.

"Alors que de nombreux pays africains ont réussi à réduire considérablement la pauvreté et la malnutrition au cours des 20 dernières années, la croissance économique et la sécurité alimentaire et nutritionnelle restent vulnérables sur une grande partie du continent", a déclaré Ousmane Badiane, Directeur de IFPRI Afrique. "Les pays africains doivent de toute urgence inverser la tendance à la baisse des dépenses agricoles et augmenter les investissements pour stimuler la productivité agricole et soutenir une croissance plus forte".

Après une croissance annuelle moyenne de 11% entre 2002 et 2008, la croissance des dépenses publiques agricoles a diminué à un taux annuel moyen de 4,8% entre 2008 et 2016. Cinq pays seulement ont réussi à atteindre l'objectif du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (10% du total des dépenses agricoles de 2008 à 2016).

La croissance soutenue du secteur agricole en Afrique et les projections de l’augmentation de l'investissement direct étranger et de la croissance économique en 2018 sont de bonnes raisons d'être optimiste. Pour l'ensemble de l'Afrique, la production agricole à valeur ajoutée a augmenté de 4,7 % par an de 2008 à 2016, avec une légère amélioration par rapport aux cinq années précédentes. Après une baisse de 3% en 2016, les investissements directs étrangers devraient augmenter de 10% pour atteindre 65 milliards de dollars en 2017 et la croissance globale du PIB devrait passer de 2,4% en 2017 à 3,2% en 2018.

La reprise de la croissance des deux dernières décennies a besoin et peut être soutenue par l'approfondissement des réformes de politique économique qui ont rendu possible grâce à un environnement plus propice aux investissements du secteur privé et à la croissance dans le secteur agricole. La baisse récente des niveaux de dépenses dans l'agriculture, l'augmentation des niveaux d'endettement, qui limiteront les investissements futurs, ainsi que la poursuite des conflits dans plusieurs parties du continent sont des menaces majeures à la croissance continue et partagée. Le changement climatique et ses effets sur l'habitat, la santé et les systèmes alimentaires est une autre menace majeure qui doit être sérieusement prise en compte à la fois en termes de politique et d'investissements.

Globalement, le rapport note que la montée de l'isolationnisme et du protectionnisme, visible dans le retrait américain des accords multilatéraux sur le commerce et le climat, le "Brexit" de l'UE et la rhétorique anti-immigration croissante dans les pays développés, menace de ralentir les progrès des objectifs de développement durable et amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Dans l’ensemble, En Afrique, la mondialisation a contribué à stimuler les investissements et à stimuler la hausse des prix des produits de base, soutenant une croissance économique stable qui, à son tour, a entraîné une baisse de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition.

« Les politiques qui ont encouragé la mondialisation par un commerce plus ouvert, la migration et le partage des connaissances ont été critiques pour les récentes réductions sans précédent de la faim et de la pauvreté », a déclaré le Dr Shenggen Fan, directeur général de l'IFPRI. « Adopter des politiques pour tirer parti des avantages de la mondialisation tout en minimisant les risques qui alimentent l'anti globalisme sera essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable visant à éliminer la faim et la pauvreté d'ici 2030 ».

Lorsque le commerce international est ouvert, les auteurs du rapport soutiennent qu'il améliore la sécurité alimentaire. « Le commerce est devenu un symbole des échecs de la mondialisation, mais au cours des dernières décennies, il s’est montré essentiel pour un grand nombre, à la réussite et à l'amélioration des moyens de subsistance à travers le monde », a déclaré David Laborde, chercheur principal à l'IFPRI et co-auteur du chapitre dédié au commerce figurant dans le rapport.

Facilité par des accords mondiaux, le commerce a abaissé le coût moyen des aliments dans le monde et élargi l'accès à des aliments de plus en plus diversifiés. Les barrières commerciales, au contraire, entraînent des prix alimentaires élevés dans les pays pauvres, une baisse des prix des denrées alimentaires dans les pays riches et une baisse du revenu réel dans les deux pays. Bien que les auteurs reconnaissent les risques potentiels liés à l'ouverture commerciale, notamment les inégalités croissantes, les impacts sur la santé, l'augmentation de la consommation d'énergie et les dommages environnementaux, ils affirment que ces politiques sont mieux ciblées sur la source du problème.

Le rapport de cette année présente également des chapitres sur la façon dont les investissements privés mondiaux dans l'agriculture peuvent aider le monde à atteindre l'objectif Faim Zéro ; le rôle à l'accès des données dans l'amélioration des moyens de subsistance ; ainsi que des ensembles de données mis à jour sur l'investissement agricole, les dépenses publiques et plus encore.

Le rapport souligne que malgré les défis redoutables auxquels le monde est actuellement confronté, l'amélioration des systèmes alimentaires fournit une voie pour les aborder dans le cadre des paramètres de durabilité de la planète.

« Les systèmes alimentaires ont le potentiel unique de résoudre bon nombre de nos problèmes mondiaux les plus pressants, mais ils doivent être transformés en systèmes durables qui favorisent des régimes alimentaires sains pour tous », a déclaré M. Fan.

Pour plus d'informations sur le rapport, cliquez ici: http://gfpr.ifpri.info/

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Hawa Seydou Diop,  h.diop@cgiar.org

Sokhna Sall Seck, s.s.seck@cgiar.org

 Pour parler avec les auteurs du chapitre sur le contenu et les thèmes du rapport, veuillez contacter Drew Sample : d.sample@cgiar.org

 L'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) recherche des solutions durables pour éradiquer la faim et à la pauvreté. L'IFPRI a été créée en 1975 pour identifier et analyser d'autres stratégies et politiques nationales et internationales visant à répondre aux besoins alimentaires du monde en développement, en accordant une attention particulière aux pays à faible revenu et aux groupes les plus vulnérables de ces pays. www.ifpri.org

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