21 Juin 2018

Tunisie: Les secousses sismiques sont des répliques d'une secousse enregistrée en mai 2018

«A la suite de la secousse sismique du 21 mai, nous avons enregistré, le même jour, une dizaine de secousses, dont la magnitude varie entre 2 et 3,5 degrés, et la région demeure, encore, le théâtre d'autres secousses», a-t-il souligné, ajoutant que ces répliques, qui peuvent se poursuivre pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, ou encore plusieurs mois, ne risquent pas d'avoir de grandes conséquences.

D'après lui, «ce sont des micro-séismes, bien qu'ils soient ressentis par la population (elle peut sentir une certaine vibration souterraine), ils n'ont pas de graves incidences sur les constructions».

La Tunisie se caractérise par une séismicité assez modérée

Toutefois, l'ingénieur s'est voulu rassurant, précisant que notre pays est caractérisé par une séismicité assez modérée, dont la magnitude n'a pas dépassé les 5,5 degrés sur l'échelle de Richter, que dans des cas très rares.

Et d'ajouter que, pour le cas de la Tunisie, on ne peut parler d'une secousse grave que lorsqu'il s'agit d'un mouvement d'une magnitude dépassant 4 ou 4,5 degrés sur l'échelle de Richter.

« A partir d'une magnitude de 5 degrés sur l'échelle de Richter, nous pouvons enregistrer de grands dégâts au niveau des murs, des vitres, de l'intérieur des structures des bâtiments..., surtout qu'une importante proportion de nos constructions est très ancienne, et ce genre de secousse peut causer des dommages aux bâtiments. On peut même enregistrer des cas d'écroulement, notamment des bâtiments construits en pierres», a encore précisé Attafi.

Parmi les plus graves secousses qui ont été enregistrées dans l'histoire de la Tunisie, on peut signaler celle datant de l'année 1970, et qui a eu lieu à la région de Tunis (l'épicentre a été localisé à Sidi Thabet) avec une magnitude de 5,9 degrés sur l'échelle de Richter. L'année 1979 a été marquée par une série de secousses successives de magnitudes allant de 4 à 4,9 degrés, dans diverses régions (Cap Bon, Sahel, Jendouba...), et en un laps de temps qui n'a pas dépassé quelques mois. Deux autres secousses importantes ont été enregistrées en 1989, d'une magnitude de 4,8 et 4,9 degrés sur l'échelle de Richter, dont la première a fait basculer une plateforme de pétrole à Gabès, et la seconde a été à l'origine de l'apparition des fissures dans le sol à Métlaoui (Gafsa). D'autres secousses ont été enregistrées, aussi, en 1994 et en 1996.

Par ailleurs, le responsable a fait savoir qu'il y a des régions propices à l'apparition de secousses séismiques remarquables, dont le district du Grand-Tunis, le prolongement de l'Oued Medjerda jusqu'à Ghar Dimaou, y compris Jendouba et Medjez El Bab, Le Kef, Hammamet et le Cap Bon, le Sahel, Sidi Bouzid, Kasserine, ainsi que Gafsa et Gabès. D'après lui, ces régions ont connu des mouvements séismiques importants, au cours du dernier siècle, allant jusqu'à l'écroulement de plusieurs constructions.

Selon lui, «historiquement, la Tunisie a enregistré des secousses qui ont atteint une magnitude de 7 degrés sur l'échelle de Richter, durant les années 850, et a connu même, un tsunami, qui aurait atteint la région du Cap Bon, mais cela reste à vérifier, puisqu'il s'agit de simples théories qui n'ont pas été appuyées par des documents scientifiques».

Dans un autre registre, Attafi a fait noter qu'à l'échelle mondiale, les experts ont remarqué que les zones qui ont abrité des travaux d'exploration de gaz de schiste ont enregistré des manifestations séismiques remarquables, tels les cas de quelques régions en Espagne ou aux Etats-Unis, mais ce fait n'a pas été prouvé jusque-là scientifiquement, par des études.

Et d'ajouter qu'en Tunisie, nous avons remarqué, récemment, des secousses séismiques dans le sud du pays, et plus précisément, à Tataouine, une région connue pour ses activités d'extraction d'hydrocarbures et de gaz. Ces secousses ne peuvent pas être associées, certainement, à des failles actives, et nous pensons que l'activité d'extraction figure parmi les hypothèses à prendre en considération, pour les justifier.

« Mais ce fait ne peut être prouvé que par la recherche scientifique et surtout en accédant aux documents de compagnies pétrolières (mesures de pression souterraine...), ce qui n'est pas évident», a-t-il conclu.

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