21 Juin 2018

Centrafrique: Nouvelles violences meurtrieres en ex-Oubangui Chari - La RCA va à vau-l'eau

Photo: Richard Mugisha/IRIN
Des soldats en RCA (archive)
analyse

Alors que l'on croyait enterrée la hache de guerre, les protagonistes de la crise centrafricaine ont encore décidé de faire parler la poudre. Si fait que Bangui la coquette est subitement devenue Bangui la kalach, où la mort se vend à moindre frais par les marchands de la violence, en l'occurrence les multiples groupes armés qui se disputent le contrôle du pays.

En effet, pas plus tard que le 20 juin dernier, des affrontements ont éclaté dans le Nord du pays entre deux groupes armés issus de l'ex-rébellion de la Séleka, à dominante musulmane, faisant plusieurs morts. Il s'agit, pour ne pas les nommer, du FPRC et du MPC, qui se disputent le contrôle de la Ndele.

Pour rappel, ces deux groupes armés qui, naguère, menaçaient de descendre sur Bangui, avaient tenté de mettre en place une coordination militaire afin de faire face au régime en place et aux forces internationales en présence.

La RCA a besoin d'une thérapie de cheval

En tout cas, comment ne pas désespérer de la RCA quand on sait que l'autorité de l'Etat, si elle existe encore, est en plein délitement, et que le pays est sous la coupe réglée de bandes armées ?

Franchement, le président Faustin Archange Touadéra est plus à plaindre qu'à envier ; lui qui, aujourd'hui, semble dépassé par les évènements. Or, on se rappelle encore, il n'y a pas longtemps, que le numéro 1 des Centrafricains avait fait le tour de certaines capitales africaines et européennes pour convaincre les investisseurs de venir prospecter dans son pays, assurant que la paix et la stabilité y étaient de retour.

La suite des évènements l'a-t-il fait mentir ? Bien malin qui pourra répondre à cette question, tant les faits parlent d'eux-mêmes. De toute évidence, la RCA a aujourd'hui besoin d'une thérapie de cheval. Et le plus tôt serait le mieux, pour autant que la communauté internationale ne veuille pas se rendre complice d'un massacre à grande échelle, à l'instar de ce qui est arrivé au Rwanda en 1994.

Pourquoi ne pas mettre le pays sous tutelle onusienne, le temps de mettre au pas tous ces bandits qui, parce qu'ils portent une kalach en bandoulière, se croient tout permis au point de s'arroger le droit de vie et de mort sur les autres ?

C'est à ce prix que l'on pourra sauver l'ex-Oubangui Chari qui est déjà au bord du gouffre et qui, si l'on n'y prend garde, pourrait, au fil des ans, devenir la destination privilégiée des djihadistes de tout poil.

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