22 Juin 2018

Libye: Le croissant pétrolier, enjeu national et international

Photo: RFI
Vue du port pétrolier de Ras Lanouf, en Libye, le 11 janvier 2017.

En Libye, après le lancement jeudi 21 juin par l'Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar d'une opération pour reprendre les ports pétroliers passés il y a une semaine sous contrôle des groupes armés dirigés par Ibrahim Jadhran, un chef de guerre libyen, des questions se posent sur les partis qui se tiennent derrière Ibrahim Jadhran. Ce dirigeant d'une société sécuritaire qui gardait les installations pétrolières a fondé une milice financée du trafic de pétrole. Pendant trois ans, il avait empêché l'exportation de cette zone où il revenue à la tête d'un bataillon.

Comment un homme comme Ibrahim Jadhran, qui vivait reclus depuis près de deux ans et qui est réclamé par la justice libyenne, est-il en mesure d'avoir tous ses moyens pour réinvestir à nouveau le croissant pétrolier ?

C'est la question que beaucoup se posent en voyant ce chef de guerre qui s'est enrichi par l'argent du pétrole volé, revenir avec en sa possession plus de 600 véhicules militairement équipés, plus de 150 tanks, des dispositifs de brouillage et 1 200 mercenaires tchadiens employés dans son offensive au croissant pétrolier.

Des responsables de l'est libyen pensent qu'Ibrahim Jadhran n'est qu'une vitrine. Selon eux, le GNA, le gouvernement de Fayez el-Sarraj, serait le commanditaire de l'offensive.

Ces responsables accusent plus précisément le ministre de la Défense du GNA d'être directement impliqué. Ils ont relevé des sigles des brigades de ce ministère, émanant des voitures des assaillants.

La Libye est plongée dans le chaos et les luttes d'influences depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. D'un côté, il y a un gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, de l'autre Khalifa Haftar, qui jouit du soutien des autorités parallèles dans l'est du pays. Des pays arabes et occidentaux soutiennent chacun selon leurs intérêts l'une de deux parties en conflit.

Plus encore, ils considèrent que des forces régionales cherchent à entretenir le conflit et l'instabilité dans le pays et à saboter le processus électoral en cour.

■ La reprise les ports pétroliers d'Assidra et de Ras Lanouf

La fermeture des installations en raison des violences a entraîné une perte de 450 000 barils par jour.

En tout, trois réservoirs ont été détruits ou gravement endommagés par des incendies lors des combats.

Des bombardements intenses par l'aviation ont précédé l'offensive de l'ANL. Des forces importantes ont été mobilisées pour reprendre le contrôle des terminaux. Les opposants à Khalifa Haftar sont toujours les milices radicalisées, chassées de Benghazi, de Darna et de l'est. Il y a aussi les opposants délogés en 2016 du croissant pétrolier. Parmi eux figurent des chefs connus d'al-Qaïda et de l'EI.

Ainsi, Al Saidi Al Noufali, l'un des chefs d'al-Qaïda, qui combattait aux côtés d'Ibrahim Jadhran a été gravement blessé ce jeudi.

Ce 21 juin, le maréchal Haftar a annoncé dans un enregistrement sonore, le lancement de l'offensive « la reconquête sacrée », accusant sans le nommer, Ibrahim Jadhran, de s'être « allié avec le diable ».

De son côté, Moustapha Sonaallah, président de la NOC, la compagnie pétrolière libyenne, a dit espérer une reprise des activités dans les deux terminaux « d'ici quelques jours ».

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