22 Juin 2018

Sénégal: Jean CharlesBbiagui - «Nous sommes toujours dans un contexte politique de mauvaise gouvernance»

«Nous sommes toujours dans un contexte politique de mauvaise gouvernance caractérisé par une absence de concurrence des marchés avec des quasi monopoles dans des secteurs comme les télécommunications ou les infrastructures, de mauvais et de faibles investissements dans les secteurs prioritaires comme l'éducation ou la santé.

Il s'y ajoute que le partage des postes stratégiques en particulier ne se fait pas en fonction de la compétence et du mérite. Le pouvoir est toujours distribué dans le cadre de rapports de clientèle entre membres de la famille, amis...

«Nous sommes toujours dans un contexte politique de mauvaise gouvernance caractérisé par une absence de concurrence des marchés avec des quasi monopoles dans des secteurs comme les télécommunications ou les infrastructures, de mauvais et de faibles investissements dans les secteurs prioritaires comme l'éducation ou la santé.

Il s'y ajoute que le partage des postes stratégiques en particulier ne se fait pas en fonction de la compétence et du mérite. Le pouvoir est toujours distribué dans le cadre de rapports de clientèle entre membres de la famille, amis...

De ce fait, la conservation d'un poste par un individu dépend de son degré de loyauté. Le clientélisme est ainsi générateur de légitimité et la gestion des affaires publiques s'effectue dans une impunité totale.

Le système judiciaire dont l'indépendance demeure illusoire est beaucoup plus prompt à convoquer des individus pour leurs opinions ou leurs prises de positions politiques que de servir la bonne gouvernance. Il est donc clair que les règles démocratiques ne sont pas au cœur de la gouvernance. Les politiques publiques ne font pas l'objet de débats publics ouverts.

Comment d'ailleurs, il aurait pu en entre autrement lorsque tout est fait pour être conforme aux prescriptions des institutions financières internationales dans le cadre du consensus de Washington ?

C'est ce tableau peu reluisant qui nous pousse à dire qu'il y a plus de constantes que de ruptures dans la gouvernance au Sénégal.

La judiciarisation du politique même si elle n'est pas inédite, semble s'accentuer sous le régime actuel. En définitive, la démocratie sénégalaise est toujours inachevée malgré deux alternances au sommet de l'État.Cet état de fait n'est pas seulement lié aux hommes qui incarnent le pouvoir.

L'influence relative de la société civile sénégalaise constitue une variable explicative de cette réalité. S'il est vrai que les mobilisations collectives ont conduit à des avancées démocratiques significatives ces dernières années, il demeure tout autant vrai de dire que les associations se réclamant de la société civile manquent toujours de consistance.

Les problèmes liés à la gouvernance sont aussi la résultante du régime présidentialiste sénégalais dans lequel existe un déséquilibre institutionnel au profit de l'exécutif et une forte personnalisation du pouvoir semblable, toute proportion gardée, au régime absolutiste. L'accumulation excessive du pouvoir au niveau de l'exécutif en particulier autour du président et du premier ministre ne garantit pas la gouvernance démocratique».

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