23 Juin 2018

Afrique: L'Afrique à la croisée des chemins

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Le conflit qui se dessine aujourd'hui entre les grandes puissances du fait des positions pour le moins abruptes adoptées sur différents sujets par le président des Etats-Unis, Donald Trump, offre indiscutablement au monde dit "émergent" l'occasion unique de s'affirmer sur la scène internationale face aux "Grands" qui se disputent la gouvernance mondiale

. Non pas, comme c'était le cas avant-hier, c'est-à-dire lors de la Guerre froide, en redonnant vie au Tiers-monde, cet ensemble de nations éparpillées sur les continents du Sud qui joua un rôle déterminant dans l'accession à l'indépendance des nations colonisées par l'Europe, mais en renforçant les communautés continentales qui ont entrepris de s'organiser.

Prenons le cas de l'Afrique qui est, sans aucun doute, l'un des grand acteurs à venir de la scène mondiale en raison de son poids démographique, de l'ampleur de ses richesses naturelles, de la jeunesse de sa population, de la rapidité de sa croissance économique : si, aujourd'hui, ses dirigeants décident de mettre à profit les profondes dissensions qui dressent les uns contre les autres les "Grands" de l'hémisphère nord, ils résoudront très vite la plupart des problèmes auxquels ils se trouvent confrontés. De la compétition à laquelle se livrent déjà et se livreront de plus en plus la Chine, l'Europe, les Etats-Unis, l'Inde et la Russie naîtront pour eux, si du moins ils savent l'exploiter intelligemment à leur profit, un afflux de capitaux, une ouverture des marchés extérieurs, un enrichissement collectif dont leurs dirigeants ne mesurent probablement pas encore l'ampleur.

Pour y parvenir, cependant, les pays africains devront, comme on dit, "jouer collectif", c'est-à-dire ne pas se contenter de nouer des relations privilégiées avec l'un ou l'autre des "Grands" qui se pressent à leurs portes mais donner aux communautés qui les regroupent une existence, une influence plus fortes qu'aujourd'hui. Et cela ne sera possible que si un tel mouvement se développe dans deux champs différents.

° D'abord, bien sûr, le champ continental, c'est-à-dire l'Union africaine elle-même, qui, pour l'instant, n'a pas la capacité d'influence correspondant à sa puissance démographique - un quart de l'humanité à échéance d'un demi-siècle - et à sa richesse potentielle. Alors même que les "Grands" s'investissent sur le continent avec des moyens considérables.

° Ensuite, et probablement surtout le champ sous-régional, c'est-à-dire les communautés qui regroupent les pays d'une même zone géographique - Afrique occidentale, Afrique centrale, Afrique australe, Afrique du nord, Corne de l'Afrique - mais qui ne s'imposent pas encore comme des interlocuteurs incontournables pour les grandes puissances.

S'il est, du moins nous semble-t-il, une réflexion qui devrait s'engager de façon claire sur le plan diplomatique, c'est bien celle-ci : quelle place l'Union africaine et les communautés régionales qui la composent devraient-elles occuper au sein de la nouvelle gouvernance mondiale que l'affrontement larvé des grandes puissances est en train d'instaurer ?

A la croisée des chemins que nous voyons approcher à grands pas, le continent a tout à gagner à s'organiser.

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