24 Juin 2018

Burkina Faso: Grèves à répétition dans l'administration publique

Photo: fasozine
Siège du Ministère de l’Économie, des Finances et du Développement.

Les acteurs économiques du Burkina Faso, sous l'égide de la Chambre du commerce et d'industrie du Burkina, ont organisé, le vendredi 22 juin 2018, à Ouagadougou, une rencontre d'échanges à l'effet d'évaluer l'impact des débrayages dans l'administration publique, sur leurs activités et de dégager des pistes de solutions pour une sortie de crise.

«Aujourd'hui encore, le secteur privé subit les conséquences du fonctionnement au ralenti de l'administration qui se matérialise par des difficultés de divers ordres », a déclaré le président de la Chambre du commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Mahamadi Savadogo, lors de la cérémonie d'ouverture de la rencontre d'échanges avec les acteurs économiques que son institution a organisée, le 22 juin 2018, à Ouagadougou. La rencontre a connu la participation des chefs d'entreprises, des responsables d'associations et de groupements professionnels et des élus consulaires. « Elle se veut un cadre et de partage d'idées en vue d'arrêter une vision d'ensemble du secteur privé sur l'impact des mouvements sociaux dans notre pays et sur les propositions d'actions pour une sortie de crise profitable à tous », a soutenu le président de la CCI-BF.

L'activité économique se trouve dans une situation de quasi-paralysie du fait des grèves interminables au sein de la fonction publique, à en croire les acteurs économiques au sortir des échanges tenus à huis-clos. Pour eux, l'impact négatif des arrêts de travail répétés dans l'administration publique se manifeste à plusieurs niveaux. « Il y a des marchandises de commerçants qui attendent d'être sorties; il y a des gens qui ont des papiers, des attestations fiscales à prendre au niveau des services du MINEFID afin de pouvoir participer à des appels d'offres. Mais tout cela est paralysé », a confié M. Savadogo.

Rapprocher les positions

Toutes ces contraintes empêchent les acteurs privés de mener à bien leurs activités et de respecter leurs obligations contractuelles. La situation frise la paralysie totale, à entendre le représentant du secteur informel, Saïdou Zangré. « Il faut reconnaître qu'actuellement rien ne bouge. Au niveau de la douane, les camions sont bloqués. Au niveau des impôts, nous n'arrivons pas à enregistrer nos contrats ; au trésor nous n'arrivons pas à toucher nos chèques. Nous devons aux banques, aux caisses populaires, à nos fournisseurs. Si la situation ne se débloque pas, ce serait difficile pour nous », s'est-il alarmé. Pour Habibou Ouédraogo (commerçante), les commerçants sont les premières victimes de l'ébullition du front social.

Pour preuve, a-t-elle rappelé, « lors de la dernière fête du Ramadan, des commerçants n'ont pas pu écouler leurs produits car ils sont restés bloqués à la douane». Face à ce tableau sombre, le secteur informel souhaite une solution rapide au bras fer entre le gouvernement et les syndicats, en l'occurrence les syndicats du ministère de l'Economie, des Finances et du développement. La chambre du commerce entend jouer sa partition dans la recherche de solutions. Et la démarche adoptée par Mahamadi Savadogo et ses camarades est d'amener les deux parties à la table de négociations. « Nous demandons au gouvernement et aux syndicats de se retrouver autour d'une table parce qu'il n'y a aucune situation qui n'est pas négociable.

S'il y a des négociations, il peut y avoir des issues favorables pour toutes les parties », a fait savoir le président de la CCI-BF. Pour les acteurs du privé, l'intérêt général doit être l'unique boussole qui devrait guider les uns et les autres dans leurs positions respectives. « Nous supplions le gouvernement et surtout les syndicats de ne voir que l'intérêt supérieur de la nation et de reconsidérer leurs positions », a lancé Mme Ouédraogo. Les prochains jours, la CCI-BF envisage de rencontrer, gouvernement et syndicats, afin de travailler à un rapprochement des positions.

En savoir plus

Suspension de la grève des employés du ministère des Finances

Au Burkina Faso, les 9 000 travailleurs du ministère des Finances qui étaient en grève reprennent… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.