25 Juin 2018

Tunisie: La voie désormais tracée

Des enseignants de l'Université de Sfax et des spécialistes en méthodes quantitatives, statistiques, sociologie, dépouillement et analyse de données ainsi que les enquêteurs du sondage ont pris part à une étude y afférente dont les résultats ont fait l'objet d'un rapport de synthèse élaboré par l'économiste-quantitativiste, Younes Boujelbène, Leila Kharrat Samet, doctorante en Sciences économiques de la Faculté des sciences économiques et de gestion de Sfax (Fseg) ainsi que le sociologue Fathi Rekik.

74% des personnes questionnées insatisfaites des services municipaux

Ledit sondage d'opinions auquel ont pris part 1213 citoyens résidant dans la commune de Sfax se décline en deux volets. Le premier volet porte sur les performances enregistrées des délégations spéciales successives de la municipalité de Sfax durant les six dernières années, ainsi que le profil préféré des candidats au futur conseil municipal de Sfax. A ce propos, le rapport fait état de la prévalence d'un jugement négatif auprès d'environ 74% des répondants, lesquels se déclarent non satisfaits des services municipaux rendus, sachant que 76% des citoyens se montrent insatisfaits de l'efficacité du rôle joué par les autorités locales dans la réalisation des objectifs de développement de la ville.

Pour ce qui est du profil souhaité des futurs édiles, les préférences des personnes interviewées vont plutôt vers les indépendants placés en tête de classement, suivis des actifs associatifs et des intellectuels, alors que les candidats affiliés à des partis politiques et des politiques de «carrière», sont relégués à l'avant-dernière place.

Trois priorités : l'environnement, la qualité et la propreté des espaces publics

Le second volet a trait aux attentes et priorités des citoyens invités à choisir, parmi une dizaine de champs d'intervention municipaux, les cinq qu'ils considèrent comme primordiaux et auxquels le futur conseil municipal devrait donner la priorité. Les données recueillies laissent apparaître une certaine unanimité autour de trois priorités, à savoir l'environnement, la qualité et la propreté des espaces publics, les infrastructures et les aménagements en matière de voirie, la circulation routière et enfin la jeunesse. Les priorités varient cependant pour ce qui est des autres domaines d'intervention de l'action municipale en fonction de l'appartenance sociodémographique, les jeunes et les intellectuels accordant une place privilégiée à d'autres attentes, notamment en matière de préservation des monuments historiques de la ville, de tourisme, de loisirs et de transparence.

La gamme des champs d'intervention municipale comprend également d'autres centres d'intérêt d'une certaine importance, notamment pour les intellectuels et les activistes de la société civile, en l'occurrence les initiatives à l'égard des citoyens défavorisés, le développement du processus démocratique, la création et l'accès à l'emploi, la lutte contre la délinquance, outre les attentes en démocratie participative et en transparence.

Elaboration d'une charte citoyenne

Selon l'Association pour le développement durable du gouvernorat de Sfax et le collectif d'associations de la société civile qui avait adhéré à l'initiative du sondage d'opinions ou «concertation», pour objectif principal de «Donner l'occasion aux habitants de la zone municipale de Sfax de s'exprimer et de communiquer leur vision de l'action municipale, leurs besoins, leurs souhaits », comme indiqué par Abdelmadjid Khemakhem, président de l'Adds qui précise : «Le but du sondage d'opinions est d'orienter les membres du conseil municipal prochain à mieux présenter leurs programmes d'actions pour une période de cinq ans. Une charte sera mise au point à la lumière des résultats du dépouillement des réponses recueillies. Elle permettra de fournir aux futurs candidats et aux futurs conseillers un programme d'action inspiré de la charte proposée et auquel ils seront liés. Ladite charte aura en quelque sorte une force exécutoire ».

Elle revêtira, en effet, un caractère contraignant pour au moins deux raisons : «La première est que les futurs candidats ou élus municipaux seront bien avisés de ne pas aller à l'encontre des souhaits des électeurs et seront amenés inévitablement à les adopter soit dans leurs programmes électoraux pour recueillir le maximum de suffrages, soit après l'investiture, pour les futurs élus, soit en vue d'éviter les évaluations négatives et le feu des critiques de la société civile, au cas où ils auraient la maladresse de les ignorer ou de faillir à leurs engagements électoraux. Car la société civile ne compte pas relâcher sa vigilance. Le tissu associatif à Sfax veillera au grain à travers des évaluations périodiques pour juger du sérieux de l'engagement des élus dans l'application des volets du programme présenté. Nous disposerons, désormais, d'un outil d'évaluation permanent et de références précises à la lumière desquels nous pourrons juger la qualité des actions menées par le futur conseil municipal et leur conformité aux attentes des citoyens. », poursuit le président de l'Association pour le développement durable du gouvernorat de Sfax.

En effet, la charte citoyenne a été par la suite élaborée. Intitulée «Pour un rôle pionnier de la ville de Sfax», elle a été signée par une cinquantaine d'organisations du tissu associatif, puis par les candidats à la tête des listes de la municipalité de Sfax et des députés de la région à l'Assemblée des Représentants du Peuple. Ce qui signifie l'engagement des signataires et plus particulièrement les futurs élus à respecter les termes de ce contrat social et moral et à mettre l'intérêt commun des citoyens au-dessus des intérêts partisans. »

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