25 Juin 2018

Tunisie: L'impact du sport sur les enfants autistes

La journée a débuté sur des activités sportives effectuées par les enfants autistes. Accompagnés par un coach, ils ont pu réaliser de belles performances mettant en œuvre des activités motrices qui leur sont adaptées.

Pour Mme Najoua Moalla, enseignante-chercheuse à l'Issep et présidente de la Société tunisienne de psychologie du sport, l'important aujourd'hui est de dépasser l'aspect de sensibilisation. «Il faut commencer par comprendre ce qu'est l'autisme. Ce n'est pas un handicap physique. Ce sont les troubles d'apprentissage qui vont toucher ces enfants. Ils peuvent ainsi entraver leur autonomie sociale et provoquer des difficultés dans la création de liens sociaux», a-t-elle précisé. Elle a cependant mis en exergue le rôle important des activités physiques adaptées (APA) qui «quand elles sont bien encadrées et bien adaptées produisent des effets extraordinaires et permettent de développer plusieurs capacités».

Ce n'est pas une fatalité !

Selon Mme Moalla, il est grand temps que les gens délaissent leurs stéréotypes et poncifs sur cette maladie. «Ces enfants sont avant tout des êtres humains. Humains avec une différence. Il faut leur donner plus de droits, plus de paroles et d'expression, afin qu'on les écoute et qu'on les prenne en charge», s'insurge-t-elle.

La seconde intervention a été celle du pédopsychiatre Dr Malak Ghazzaï. Elle a tenté d'apporter plus d'informations sur ce qu'elle a appelé «le spectre de l'autisme». «La maladie de l'autisme est jusqu'à nos jours méconnue. Apparue pour la 1ère fois en 1943, elle reste un phénomène peu appréhendé et accepté, pourtant, il touche un enfant sur 10», a-t-elle déclaré. Le docteur a tenté, tout au long de son intervention, d'éclaircir la maladie aux profanes, d'interagir avec les spécialistes, mais aussi de permettre aux parents d'enfants autistes de mieux comprendre la maladie et de se familiariser avec elle. «Il n'y a pas de médicament qui puisse guérir l'autisme, mais il y a beaucoup de développement qui peut se faire afin d'intégrer son enfant et lui permettre d'avoir une vie normale. La famille joue un rôle pionnier. Elle représente le 1er lien social pour l'enfant. Un diagnostic précoce est indispensable. Absence de babillage, absence de pointillage, de réaction... calme excessif ou hyperactivité peuvent être des symptômes».

L'autisme, il faut en parler !

La journée s'est achevée sur de vives émotions, à travers le témoignage de mamans, étant menées par la force des choses dans un combat sans fin, contre une maladie peu appréhendée qui devance encore la médecine et les recherches. Mme Amina, maman de la petite Malak et présidente du centre Halim, a décidé de tout laisser tomber pour cette bataille contre l'autisme. «J'étais ingénieure, je préparais ma thèse, jusqu'au jour où j'ai appris la maladie de ma fille. J'ai alors tout laissé tomber. Toute ma vie a changé depuis. J'ai fait une licence en psychologie, suivi plusieurs cours à distance et j'ai été bénévole dans plusieurs associations. Vivre avec un enfant autiste c'est vivre avec beaucoup de patience, d'amour et d'espoir».

«Nous avons aujourd'hui deux centres. Un pour ceux qui ont moins de 10 ans et l'autre pour les adolescents autistes, où ils peuvent apprendre des activités professionnelles. Nous sommes en train de créer la 1ère école d'intégration des autistes, qui sera bien aménagée pour eux. Et j'espère que le rêve continuera... », poursuit-elle. Ainsi étaient les mots de cette parente, pleins d'espoir, de détermination et d'engagement contrairement à des autorités restées sans voix et sans action.

La maladie de l'autisme reste méconnue des citoyens mais aussi des législations en cours. «On considère l'autiste comme un handicapé. Aucune prise en charge étatique ni de législation avant-gardiste. Cette nouvelle école a été le fruit de beaucoup d'effort et d'engagement de parents, sans aucune aide financière étatique. Nous avons eu beaucoup d'espoir qui ont fini par s'évaporer. Sensibiliser n'est plus suffisant, il faut aujourd'hui agir mais notre système est malheureusement inactif et inapte face à cette maladie», a déclaré Mme Moalla, remettant en cause la responsabilité de l'Etat et du ministère des Affaires sociales.

Nous nous retrouvons parfois les porteurs de voix de personnes précaires, vulnérables et incapables de faire parvenir leurs voix par elles-mêmes. Ces enfants doivent bénéficier d'un encadrement juste, d'une grande écoute et, surtout, de leur droit de vivre normalement dans les conditions les plus favorables.

L'Etat ne s'engage-t-il pas, par la constitution, à garantir le droit des personnes vulnérables ?

Cette journée reste une de celles que s'activent à faire les associations, dans l'espoir de réaliser la mise sur pied d'une législation garantissant une véritable équité.

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