27 Juin 2018

Sud-Soudan: Enfin le calumet de la paix ?

Photo: allafrica.com
Un accord de paix a été signé ce mercredi matin, le 27 juin, entre le président sud-soudanais Salva Kiir et son rival Riek Machar à Khartoum

La guerre fratricide entre le président sud-soudanais, Salva Kiir et son rival, Riek Machar touche-t-elle à sa fin ? En tous les cas, hier 27 juin 2018, les deux hommes ont signé un accord à Khartoum, en présence du soudanais, Omar El Béchir et de son homologue ougandais, Yuweri Museveni. Si au moment où nous tracions ces lignes, pas grand-chose n'avait filtré, certaines sources ont indiqué que l'accord prévoirait un cessez-le-feu, la libération de prisonniers et la formation d'un nouveau gouvernement.

La pression de la communauté internationale a vraisemblablement fini par payer. Car, l'on se rappelle que les Etats-Unis n'avaient pas hésité à imposer des sanctions contre des proches des deux frères ennemis. Comme si cela ne suffisait pas, les Nations unies ont brandi un éventail de sanctions à l'encontre des deux hommes et de leurs proches, s'ils ne parvenaient pas à un accord d'ici à un mois.

Si cette fermeté de la communauté internationale est à saluer, l'on peut regretter qu'elle ne soit pas intervenue plus tôt. Ce qui aurait l'avantage de préserver des vies et d'éviter de nombreux déplacés à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

Ironie du sort, c'est sous « l'œil » de Omar El Béchir, celui-là même contre lequel le Soudan du Sud avait arraché son indépendance en 2011 que cet accord a été obtenu à Karthoum. Et ce n'est pas anodin. On sait que depuis l'indépendance du Soudan du Sud, El Bechir qui n'a jamais

digéré de perdre une partie du Soudan continuait de tirer les ficelles dans l'ombre afin de se venger et tirer profit de la manne pétrolière du Soudan du Sud. Vu sous cet angle, Omar El Bechir est comme un pyromane pompier. Il a été à la fois l'instigateur et la solution au conflit.

De son implication dans la recherche de paix au Soudan du Sud dépendra la survie de cet accord. Mais Kiir et de Riek ne sont pas exempts de tout reproche dans la crise que traverse leur pays. On se souvient qu'en décembre 2017, les deux hommes avaient accepté de fumer le calumet de la paix en signant un accord. Mais seulement quelques jours après, celui-ci avait volé en éclats.

Espérons que cette fois- ci, ils sauront mettre de côté leur boulimie et leur ego pour le grand bonheur de la population sud soudanaise. Passer le temps à signer des accords qui n'auront pas d'effet réel sur le terrain, c'est manquer de respect au peuple sud-soudanais au nom duquel ils prétendent agir.

Que le bon sens prévale chez Salva Kir et Riek Machar pour que le 54e Etat africain puisse tracer les sillons de l'unité nationale. Pour que tous les fils et filles du Sud Soudan de tous bords puissent se regarder en frères et s'atteler à relever les énormes défis du développement. C'est le véritable hommage qu'ils puissent rendre à feu Jonh Garang qui, de toute sa vie, s'est battu pour que ce pays voit le jour.

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