2 Juillet 2018

Centrafrique: Les évêques préoccupés par la recrudescence des violences

En dépit des accords signés avec les groupes armés, les prélats catholiques du pays se disent toujours inquiets par la recrudescence des violences. De nouvelles attaques à Bambari, Ndélé et dans la région de Kaga-Bandoro ont fait plusieurs dizaines de morts ces dernières semaines.

Les évêques déplorent l'assassinat d'un prêtre, le 30 juin à Bambari, dans le centre de la Centrafrique. L'abbé Firmin Gbagoua, vicaire général du diocèse de Bambari, a été tué d'une balle dans l'abdomen, selon Uwolowulakana Ikavi, porte-parole de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca).

Au même moment, des combats se poursuivaient entre des membres de deux groupes armés et des miliciens dits « d'autodéfense » antibalaka plus au nord, près de Mbrès, dans la région de Kaga-Bandoro. Pour la porte-parole de la Minusca, ces combats entre d'une part, des membres du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) issus de l'ex-rébellion de la Séléka et, de l'autre, les miliciens antibalakas, ont débuté le 22 juin.

« Les combats ont entraîné d'autres violences. Des maisons ont été brûlées et les Casques bleus ont été la cible d'attaque d'éléments armés », a-t-elle dit, ajoutant : « La situation dans la zone est très tendue ». Le démantèlement d'un barrage antibalaka par des éléments du MPC et du FPRC serait à l'origine de ces affrontements.

Le vice-président des évêques de Centrafrique, Mgr Nestor Désiré Nongo-Aziagbia, parle d'un assassinat ciblé envers ceux qui dénoncent les groupes armés. « On sait bien que dans le message, on a été clair. On a accusé l'UPC au niveau de la ville de Bambari. La zone de la cathédrale est entièrement contrôlée par des éléments de l'UPC », a-til souligné.

L'ensemble des évêques de Centrafrique a condamné cette poursuite des violences lors de la conférence épiscopale qui s'est tenue la semaine dernière, à Bangui. Ces évêques estiment que l'amnistie n'a pas sa place dans la résolution du conflit.

« L'amnistie va créer d'autres crises à répétition et nous n'en voulons plus. Il faudra que justice se fasse et que l'Etat s'investisse dans la traque des criminels », a signifié Mgr Nestor Désiré Nongo-Aziagbia. Il a exhorté la population à ne pas rentrer dans la logique d'un conflit confessionnel.

Les combats et les violences sont presque quotidiens sur la quasi-totalité du territoire de la Centrafrique, sous la coupe de groupes armés et de milices qui y commettent de nombreuses exactions. En 2013, la chute du président François Bozizé, renversé par l'ex-rébellion de la Séléka qui se proclamait protectrice des musulmans, avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka, prétendant défendre les non-musulmans.

Cinq ans après, les groupes issus de l'ex-Séléka et les milices antibalakas sévissent toujours et s'affrontent pour le contrôle des ressources de ce pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde, mais riche en diamants, or et uranium.

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