3 Juillet 2018

Libye: Est libyen - Toutes les exportations de pétrole suspendues

La décision a été annoncée le 2 juillet par la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), basée à Tripoli, entraînant une perte de production de 850 000 barils/jour.

La suspension des exportations dans les deux ports restants de l'est libyen intervient sur fond d'un bras de fer entre autorités politiques rivales, autour du contrôle des terminaux pétroliers et de la gestion des revenus des hydrocarbures. Selon la NOC, les pertes de production s'élèvent désormais à 850 000 barils/jour, sur un total d'un peu plus d'un million de barils/jour, soit un manque à gagner quotidien estimé à 67,4 millions de dollars.

Après les terminaux d'al-Sedra et Ras Lanouf, pour lesquels les exportations sont gelées depuis le 14 juin dernier, la NOC -compagnie loyale au gouvernement d'union nationale basé à Tripoli (GNA)- a décrété « l'état de force majeure » sur Zoueitina et al-Hariga à partir du 2 juillet. Invoqué dans des circonstances exceptionnelles, l'état de « force majeure » permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.

Selon la NOC, les autorités parallèles établies dans l'est du pays ont empêché deux chargements de brut depuis les ports de Zoueitina et al-Hariga durant le week-end dernier. Après que ses forces ont chassé des groupes rivaux des terminaux de Ras Lanouf et al-Sedra, dans le Croissant pétrolier, l'homme fort de l'est libyen, Khalifa Haftar, a annoncé qu'il livrait la gestion des installations pétrolières sous son contrôle aux autorités parallèles. Cette décision a ulcéré le GNA, alors que des résolutions de l'ONU stipulent que le pétrole doit rester sous le contrôle exclusif de la NOC légitimement reconnue et sous la seule supervision du GNA.

Les pays occidentaux, l'ONU et l'Union européenne ont eux aussi confirmé « les droits exclusifs » de la NOC de Tripoli à exporter le pétrole. « Malgré les mises en garde de la NOC sur les graves conséquences de la poursuite du blocage, le commandement général (des forces de Haftar) n'est pas revenu sur sa décision d'interdire les navires pétroliers d'entrer dans les ports pour charger leurs cargaisons », a déploré le patron de la NOC, Mustafa Sanallah, avant d'ajouter : « Les réservoirs de stockage sont pleins et de ce fait la production va s'arrêter ».

En mettant fin aux exportations et, par conséquent, à la production, Tripoli cherche à bloquer le maréchal Haftar qui contrôle le Croissant pétrolier et tout l'est du pays. En effet, il y a une semaine, Khalifa Haftar a interdit aux navires pétroliers d'accoster dans les ports de l'est, sans la permission des autorités parallèles sous ses ordres.

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