4 Juillet 2018

Tchad: Les examens de fin d'année sur fond de grève

Le Syndicat des enseignants du Tchad a appelé ses militants à boycotter l'organisation du BEF et du BAC. Mais une partie des enseignants s'est désolidarisée pour aider à l'organisation de ces examens.

Selon l'aile dissidente du SET, le Syndicat des enseignants du Tchad, avec, à sa tête, Samuel Guebana, l'avenir des enfants est en jeu, c'est pourquoi il faut que les examens se déroulent, le Brevet de l'enseignement fondamental, le BEF, dont les épreuves prennent fin le 5 juillet, et le BAC prévu pour le 16 juillet.

Dans un communiqué de presse, Samuel Guebana a indiqué qu'il s'agit là d'une suspension temporaire de la grève et non d'une défection. Des arguments qui ne semblent pas convaincre d'autres enseignants qui estiment que les élèves n'ont pas reçu tous les cours nécessaires pour passer leur examen.

Des enseignants manipulés?

"Le gouvernement a joué son rôle déstabilisateur mais de notre côté, nous devons êtres vraiment très vigilants", estime Charfa Brahim Abass selon laquelle les enseignants qui participent à l'organisation des examens ont été manipulés. "Nous ne demandons que nos droits, donc nous devront êtres tous ensemble. Le problème avec le BEF, le Brevet de l'enseignement fondamental, c'est que la plupart des surveillants, la plupart des correcteurs sont des jeunes. J'ai vu même ce matin que la plupart des professionnels n'est pas partie surveiller, même chose pour la correction. Le programme de l'année n'est pas fini et les gens font le BEF. Ces divisions, nous allons les réparer. C'est pourquoi j'en appelle à la solidarité et à la conscience de tout un chacun", poursuit l'enseignante.

Contacté par la Deutsche Welle, le secrétaire général du SET pour la commune de N'Djamena, Blaise Ngartoidé, qui a appelé au boycott de ces examens, n'a pas souhaité se prononcer sur le sujet. Toutefois, il affirme que ces examens sont sans valeur.

Le gouvernement responsable

C'est un désordre dont seul le gouvernement est responsable, martèle de son côté Michel Barka, le pole porte-parole de la plate-forme syndicale revendicative."Vous savez, le BEF est un des examens très importants, tout comme le bac prévu le 16 juillet prochain", affirme-t-il. "Imaginez-vous, le programme n'est même pas terminé, on prend les enfants en plein milieu de programme, on les évalue. Nous avons demandé au gouvernement qu'on parachève les discussions que nous avons actuellement, qu'on passe à quelques semaines de cours pour rattraper le programme et voir à quel moment on peut organiser les examens. Car il s'agit de l'avenir des personnes. Le gouvernement ne nous a pas entendus. C'est dommage pour ces examens qui se déroulent. Nous en rendons le gouvernement responsable", déclare-t-il.

Les épreuves du Baccalauréat, prévues le 16 juillet prochain, risquent de se dérouler de la même manière.Car ce n'est pas la première fois que le gouvernement tchadien organise un examen sans les enseignants.

Les Tchadiens se souviennent encore du Bac 2007, quand le gouvernement tchadien avait fait surveiller les examens par des militaires et des personnes n'appartenant pas au corps enseignant, tandis que les professeurs étaient en grève.

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