9 Juillet 2018

Afrique du Sud: Inculpation d'un rejeton de Jacob Zuma - Tel père, tel fils !

Photo: Werner Beukes/Sapa
Duduzane Zuma.
analyse

La descente aux enfers se poursuit pour la famille Zuma, en Afrique du Sud. C'est le moins que l'on puisse dire. Car, après sa démission forcée du pouvoir, Jacob Zuma, lâché par son parti qu'est l'ANC, doit désormais faire face à la Justice. Il est, en effet, poursuivi pour 783 chefs d'accusation dans une affaire de contrat d'armement dont le rétablissement avait été requis en fin avril dernier par le parquet sud-africain.

Et ce n'est pas tout. Son fils, Duduzane Zuma, vient d'être inculpé pour corruption en bande organisée, dans un des nombreux scandales liés à la sulfureuse et richissime famille d'affaires Gupta. En effet, à l'issue d'une brève audience, le 9 juillet dernier, un tribunal de Johannesburg a décidé de le remettre en liberté sous « strict contrôle judiciaire » et ce, en échange d'une caution d'une valeur de 100 000 rands soit 6 500 euros. Tel père, tel fils, est-on tenté de dire.

Car, Jacob Zuma et son fils se retrouvent dans de beaux draps, trempés qu'ils sont dans une affaire de corruption. En clair, c'est grâce à eux ou à cause d'eux, c'est selon, que les frères Gupta, installés depuis 1993 en Afrique du Sud, ont infiltré l'appareil d'Etat pour obtenir de juteux contrats ou avantages indus.

C'est, du reste, contre cette forme de favoritisme et de passe-droits que s'insurge Cyril Ramaphosa qui, pour joindre l'acte à la parole, a, dès son arrivée aux affaires, mis en place une commission d'enquête judiciaire pour examiner tous les dossiers de corruption dans lesquels est impliqué son prédécesseur.

Jacob Zuma avait pris des libertés avec l'orthodoxie financière

C'est dire que Jacob Zuma aura tout sauf une retraite dorée, contraint qu'il sera, aux côtés de son rejeton, de s'expliquer devant la Justice. Pouvait-il en être autrement quand on sait que durant ses années de règne, Jacob Zuma avait pris des libertés avec l'orthodoxie financière liée à la gestion des biens publics, allant jusqu'à rénover sa résidence privée aux frais du contribuable sud-africain ?

Et comme si cela ne suffisait pas, il entraîne son fils qui se retrouve tout aussi groggy de ses propres turpitudes. En tout cas, le cas de Duduzane Zuma rappelle étrangement ce qui est arrivé à Karim Wade au Sénégal et à Isabel Dos Santos en Angola, qui, après la chute de leurs géniteurs respectifs, en ont vu des vertes et des pas mûres. Jugé et condamné, le premier cité a été contraint à l'exil sur fond de déchéance de ses droits civiques pour une affaire de détournement de deniers publics.

Quant à la seconde, c'est-à-dire la fille de Eduardo Dos Santos, elle connaît, depuis l'arrivée du nouveau président, une disgrâce à nulle autre pareille sur fond de poursuites judiciaires pour, dit-on, une affaire de gros sous volatilisés à la SONANGOL, du nom de cette nationale qui gérait la manne pétrolière de l'Angola. Et ce n'est pas tout.

Deux des frères d'Isabel ont été relevés de leurs postes respectifs. Quid des ennuis judiciaires du frère cadet de l'ex-président burkinabè, Blaise Compaoré ? Tous ces exemples, qui sont loin d'être exhaustifs, doivent achever de convaincre nos dirigeants que mieux vaut tenir éloignées leur fratrie et leur progéniture du cercle du pouvoir, sous peine de les exposer à d'énormes risques.

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