9 Juillet 2018

Congo-Kinshasa: Rendez-vous manque entre Kkabila et les patrons de l'ONU et de l'UA - Empêchement réel ou alibi ?

Photo: GCIS
President Jacob Zuma holding a tête-à-tête with President Joseph Kabila Kabange of the Democratic Republic of Congo during his official visit to South Africa on 25 June 2017 to attend the 10th session of the South Africa-Democratic Republic of Congo Bi-National Commission (BNC). The Bi-National Commission, which will be co-chaired by the two Heads of State, is aimed at further deepening bilateral and economic relations between the two countries.
analyse

Reportée ou annulée ? C'est la question que tout le monde se pose au lendemain du rendez-vous manqué entre le président congolais, Joseph Kabila, et les patrons de l'Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres et de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat.

Ce projet de visite, rappelons-le, avait été soumis aux autorités congolaises depuis le sommet de l'UA à Addis-Abeba, en Ethiopie, en janvier dernier. Initialement, la visite était prévue pour avril avant d'être repoussée successivement en juin et juillet pour finalement être renvoyée aux calendes... congolaises. Alors pourquoi ? S'agit-il d'une manière subtile pour le maître de Kinshasa d'éviter de rencontrer Antonio Guterres et Moussa Faki Mahamat ?

Difficile de répondre à cette question. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que cela y ressemble fort, surtout quand on sait que ces deux personnalités ne manqueront pas, une fois à Kinshasa, d'évoquer des sujets qui fâchent, en l'occurrence l'éventualité déjà constatée d'un troisième mandat par Joseph Kabila qui, on le sait, fait des pieds et mains pour rempiler pour un nouveau bail. La preuve, l'un de ses conseillers diplomatiques a même laissé entendre que la visite des diplomates onusien et africain, en RDC était « inopportune ».

Coincé de l'intérieur par la société civile et le Comité laïc de coordination (CLC) qui prévoit d'ailleurs de nouvelles actions courant août, et acculé de l'extérieur par la communauté internationale, le président congolais, tel un fauve blessé, s'est replié sur lui-même, développant une paranoïa à nulle autre pareille.

C'est ce qui explique qu'avant Antonio Guterres et Moussa Faki Mahamat, le président angolais, Joao Lourenço, et la représentante des États-Unis auprès de l'ONU ont, tous les deux, tour à tour, été éconduits par Kabila fils manifestement aveuglé par son désir de maintien au pouvoir.

La politique de l'autruche est suicidaire

Et pour cela, l'argument diplomatique tout trouvé et désormais presque galvaudé, est le suivant : « visite annulée ou reportée pour raison de calendrier ».

Mais, dans le cas d'espèce, les diplomates de l'ONU et de l'UA ont des raisons de s'agacer dans la mesure où l'annulation ou le report, c'est selon, n'a été annoncé qu'à 72 heures seulement de la visite et ce, alors même, dit-on, que les chambres d'hôtel étaient déjà réservées et vérifiées.

Joseph Kabila voudrait narguer la communauté internationale qu'il ne s'y prendrait par autrement, tant sa démarche et son attitude sont empreintes d'incivilité quand elles ne traduisent pas un mépris souverain. C'est ce qui fait dire à certains qu'il fait dans le dilatoire, multipliant les arguties et les alibis pour in fine exaspérer ses vis-à-vis.

La stratégie sera-t-elle payante ? Pas si sûr. Car, l'expérience a toujours montré que la politique de l'autruche est suicidaire. Tous ceux qui en avaient fait une arme de combat, ont précipité leur propre chute. C'est pourquoi Kabila ferait mieux de revoir sa copie pendant qu'il est encore temps. Car, ceux-là qui lui indiquent aujourd'hui la porte de sortie, ne sont pas des ennemis.

Loin s'en faut. Bien au contraire, ce sont ceux-là mêmes qui lui veulent du bien et non pas les courtisans et autres Raspoutine qui, en réalité, ne défendent que leurs intérêts oesophogiques.

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