10 Juillet 2018

Sénégal: Evacuation des partisans de Khalifa Sall et bouderie des avocats de la défense - Le procès s'emballe

Le procès en appel du député-maire, Khalifa Sall et codétenus a pris hier une tournure inquiétante. Pour avoir hué le juge Demba Kandji qui a rejeté la requête d'inconstitutionnalité déposée par la défense, l'assistance en majorité composée des partisans du maire a été évacuée de la salle sur demande du juge Kandji. Sur ces faits, les avocats de la défense de Khalifa Sall ont préféré quitter la salle sans piper mot. Ce qui n'a pas empêché la cour de poursuivre l'audience.

L'audience en appel du procès contre Khalifa Sall et compagnie s'est poursuivie sans l'assistance qui était venue pourtant nombreuse, encore moins les avocats de la défense de Khalifa Sall. En effet, le juge Demba Kandji a poursuivi les débats sur l'appel portant sur la décision rendue avant du droit le 2 février, par la Chambre correctionnelle en première instance. Il a ainsi donné la parole à la partie civile de l'Etat, en l'absence de la défense qui avait formulé l'appel. Les causes de cette situation, l'évacuation de la salle par les gendarmes sur ordre du président de la Cour. En effet, pour avoir essuyé des huées de la part des partisans du député-maire, suite à sa décision de rejeter l'exception d'inconstitutionnalité soulevée par la défense pour faute de motifs sérieux, le président de la Cour qui est en même temps la police de l'audience a décidé de faire sortir toute l'assistance.

Une décision du juge qui n'a vraisemblablement pas plu aux avocats de la défense de Khalifa Sall et codétenus. Pour protester contre la mesure du juge, les robes noires de la défense ont tout bonnement quitté la salle 4, sans piper mot. Aucune explication n'a été fournie à la Cour pour justifier l'acte posé. Ce qui n'a pas empêché, pour autant, le juge de poursuivre l'audience, décidé qu'il était d'entendre les parties sur l'appel déposé concernant la décision de la Chambre correctionnelle du 2 février 2018. Ainsi, après avoir entendu le parquet général et la partie civile de l'Etat, il a voulu recueillir les propos du député-maire. Ce que Khalifa Sall a refusé, arguant qu'en l'absence de ses conseils, il lui était impossible de se prononcer. Néanmoins, le juge Kandji a mis l'affaire en délibéré ce jour, dès la reprise de l'audience.

ECHOS... ..ECHOS

AVANT LE DÉMARRAGE DE L'AUDIENCE EN APPEL DE KHALIFA SALL

LE TRIBUNAL TRANSFORME EN GRAND THEATRE

La salle 4 du tribunal de Dakar a été le théâtre hier, lundi 9 juillet, d'une animation politique hors du commun. En effet, dès l'entrée du député-maire de Dakar, Khalifa Sall dans le box des accusés, ses souteneurs et inconditionnels ont entonné des slogans et chansons de soutien à leur mentor. Venus très nombreux, en majorité des femmes, les proches du député-maire ont fait droit à celui-ci d'une animation sans commune mesure, devant le regard impuissant des forces de l'ordre. Des chansons et autres cris qui n'ont pas laissé indifférent Khalifa Sall qui a levé les bras pour manifester sa joie. Toutefois, avant son entrée, le président de la Cour, Demba Kandji a ordonné le silence dans la salle. A noter que la salle a refusé du monde dans la matinée. Beaucoup de souteneurs du maire n'ont pas eu accès à la salle d'audience, faute de places disponibles.

ALTERCATIONS LORS DE L'AUDIENCE EN APPEL D'HIER

DEMBA KANDJI «TRAITE» ME OUSSEYNOU FALL DE «TETE DE TURC»

Des incidents, lors du procès en appel de Khalifa Sall et co-condamnés, il y en a eu. En effet, suite aux agitations de Me Ousseynou Fall de la défense, le juge Demba Kandji a lancé une invite au barreau. En effet, pour déplorer l'attitude de la robe noire, il a demandé solennellement «au barreau, s'il respecte la Cour, ce n'est pas des têtes de turcs qu'il doit envoyer». Des propos que Me Ousseynou Fall n'a pas bien entendus, et il a demandé à être éclairé sur ce qu'a dit le juge, ses confrères l'ont dissuadé.

Autre fait qui a obligé la Cour a suspendre provisoirement l'audience, une altercation entre Me Ousseynou Gaye de la municipalité de Dakar et Me Yérim Thiam de la partie civile de l'Etat. Invité à la barre, Me Gaye a voulu que Me Thiam se déplace de son siège pour lui laisser le micro qui se trouvait devant lui, du côté des avocats de la partie civile. Ce que l'ancien bâtonnier a refusé de faire. Me Gaye a ainsi promis que «ça va chauffer en bas». Une manière de dire qu'il allait lui marcher dessus. Il a fallu l'intervention du juge Kandji qui a suspendu l'audience, non sans appeler un membre du Conseil pour rétablir l'ordre.

Sénégal

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