10 Juillet 2018

Cameroun: « Ces innovations contribuent à la stabilité du secteur »

L'explication

Ahmadou Bouba, Chef de division de la microfinance du Minfi.

Le ministère des Finances vient de publier la liste des établissements de microfinance autorisés à exercer au Cameroun. Quel en était l'objectif ?

L'objectif de cette publication paru dans le quotidien national bilingue, Cameroon Tribune du 6 juillet dernier, est en relation avec la possibilité que nous donnons aux promoteurs et aux dirigeants des Emf de prendre connaissance de manière officielle, par acte du ministre en charge des Finances, la mise à disposition d'un nouveau cadre règlementaire. Il s'agit non seulement de porter à leur connaissance l'existence d'un nouveau dispositif adapté et rénové mais aussi et surtout, cela s'inscrit dans le cadre d'une sensibilisation globale des acteurs du secteur. Que vous soyez dirigeants, promoteurs ou clients. Et cela permet également de voir dans quelles mesures ils pourront intervenir pour garantir la stabilité et la promotion du secteur.

Qu'en est-il concrètement ?

C'est un nouveau dispositif adapté et moderne qui tient compte des évolutions du secteur. Vous savez que le secteur financier au Cameroun va très vite. Nous devons nous arrimer aux standards internationaux, notamment la finance telle qu'elle se pratique dans les pays développés. Ceci pour que les écarts soient réduits et que nous puissions profiter des opportunités qui se présentent de l'autre côté.

Parce que si nous n'avons pas atteint un niveau d'organisation, de performance et de modernisation des pays les plus avancés, nous ne pouvons pas être de bons interlocuteurs. Nous devons faire des efforts pour pouvoir profiter non seulement de leur expérience, mais des parts de valeur ajoutée que tout le secteur financier du monde peut générer.

Comment le nouveau dispositif contribuera-t-il à lutter contre la banqueroute de certains Emf ?

Ces innovations contribuent à une nouvelle stabilité du secteur. Ce nouveau dispositif vient traiter tous les dysfonctionnements qui avaient été constatés par le passé malgré le fait que le dispositif du 13 avril 2002 comportait déjà des capacités d'encadrement de très bon niveau. Mais, il s'est avéré que malgré cette surveillance, il y a des dérapages qui ont continué à être observés.

Ceux-ci ont eu pour conséquences des crises. Nous avons la chance de n'avoir pas eu des crises systémiques entrainant la faillite à la fois de plusieurs établissements. Nous avons fait des efforts pour cantonner tous ces dysfonctionnements afin que cela ne dégénère pas en une crise systémique. Avec le nouveau dispositif, les Emf disposent désormais, de capacités pour garantir leur pérennité dès la naissance. Il crée également non seulement un système de solidarité entre les Emf notamment ceux de première catégorie qui désormais devront évoluer ou effectuer leurs activités dans le cadre d'un réseau à compter du 1er juillet 2018.

Le règlement a facilité la constitution de réseaux il faut un minimum de cinq Emf seulement pour former un réseau ou un établissement de première catégorie peut rejoindre un réseau existant. Dans le même ordre d'idées, on a le relèvement du niveau de capital. Dès sa création, l'Emf qui est en quête d'agrément doit pouvoir justifier d'un niveau minimum de capital social.

C'est ainsi que pour les Emf de deuxième catégorie, le minimum est fixé à 300 millions, la troisième catégorie à 150 millions et pour les Emf de première catégorie dont la forme est la coopérative, avec un conseil d'administration doit pouvoir justifier d'un effectif de 100 membres au minimum et en permanence.

Cela contribue à renforcer les fonds propres de l'établissement et à garantir la pérennité des Emf. Il faut aussi relever le plafonnement du crédit qu'on peut octroyer à un membre pour les premières catégories ou à un client, pour les deuxième et troisième catégories. Car, le risque de crédit était la source principale de toutes les crises rencontrées. C'est donc à cet effet que la Cobac a plafonné le montant crédit. C'est ainsi qu'un membre ne peut obtenir un crédit au-delà de 10% du capital de l'établissement.

Mais si le capital est à niveau élevé, le montant du crédit ne doit pas excéder 50 millions. Il y a aussi d'autres mesures qui concernent le régime de transformation juridique qui pour certains sont sous le régime d'autorisation préalable et d'autres sous le régime de l'information préalable. Et, en fonction de la gravité et des niveaux de profondeurs de changement juridique.

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