11 Juillet 2018

Mali: Chronique du mardi - 24 présidentiables, réglez-vous, vous-mêmes !

billet

Réglez, avec vous-mêmes, vos problèmes d'impuissance, civile et militaire, plutôt que de laisser manipuler une communauté contre une autre, dogon contre peulh, arabe contre touareg, sous le fallacieux prétexte de lutter contre le terrorisme.

Réglez, avec vous-mêmes, vos solutions de puissance, politique et armée, plutôt que de brandir un accord de paix, tout en désaccords guerriers, avec le vécu culturel et religieux des populations obligées, par l'hostilité et les opportunités de la nature, de vivre ensemble le Sahel.

Réglez, avec vous-mêmes, votre refus de dialogue sincère avec tous ceux qui se passent de caresser la bête républicaine importée dans le sens du poil clanique. Ne doutez point un seul instant, que toute hésitation d'hommes du jour, et tergiversation de femmes de la nuit, se paie très chèrement au Mali, par une descente aux enfers, sans parachute, de la colline de Koulouba à la vallée du fleuve Niger. Combien de nos chefs d'Etat haut perchés ont-ils échappé à cette humiliation bien malienne depuis 1960 ? Un seul ! Et à justes raisons, il se planque fermement, à double tour africain.

A un de ses prétendants successeurs, candidat en juillet 2018, je disais modestement d'aller à son école décennale présidentielle très complexe, pour en savoir plus. Il me répondit, fraternellement cadet : est-ce qu'il y a le diable à Koulouba ? Le gouverneur De Trentinian, qui a crée ce Palais du Soudan Français, a été traité de fou.

Étranger à la jungle politique de la chaîne civilisée du Mont Mandingue, il prit cependant la bonne précaution de se faire une énigmatique sécurité de proximité : militaire à Kati et sanitaire au Point G. Très loin des inflammables cases rondes des indigènes, installés dans le bas-fond de la grande colline, et dont la peur d'habiter sur les hauteurs est mythique et légendaire.

De toutes manières, l'opinion publique locale de l'époque considérait le blanc comme un diable. Lequel estimait que le nègre de son temps colonial casqué est un autre singe, semblable aux troupeaux de quadrupèdes rouges qui régulièrement envahissaient les abords de sa résidence princière du bled.

En chassant les Blancs et leur grande armée, équipée jusqu'aux dents en plastique, pour défendre l'aventure algérienne, à présent devenue contre révolutionnaire panafricaniste, nos indépendantistes finirent par s'amuser, à leurs propres dépens suicidaires, avec d'autres singes bien noirs.

Malheureusement, le Mali n'est pas l'Inde où les singes sont adorés comme des rois. Les carnivores d'ici au Congo les préfèrent comme viande de brousse, à valeur peu cultuelle. Sur la trentaine de candidature à la magistrature suprême que vous représentez, les 24 retenus, sur ce chiffre pléthorique, ne mesurent certainement pas l'extrême gravité de ce qui attend leurs prétentions démagogiques.

En queue du peloton scolaire africain, le Mali est une vaste prison à ciel ouvert pour les jeunes impatients qui préfèrent affronter les vagues mortifères de la Méditerranée. Sans paix, ni stabilité, l'État des Bamakois est devenu une foire quotidienne, entre corruption et mendicité, que chacun veut s'offrir.

Dans un pays humilié et habité par le chaos des attentats télécommandés. Ô les 24 présidentiables, vos programmes et projets de société ne valent que par l'honorable qualité de votre maternité (bèè b'i ba bolo / chacun dépend de sa mère), et celle de la future première dame qui, habituellement ici, fait et défait la pelote du pouvoir sur l'oreiller. Le plus polygame des leaders aurait ainsi de meilleures capacités multipliées de diriger.

En ce pays de culture matriarcale, derrière chaque homme, donneur d'ordre patriarcal, il y a une femme et un traître, une amie et/ou un ennemi. Les électrices et électeurs, pour ou contre x, y ou z, seront tout aussi comptables de leur choix, car tous les peuples du monde n'ont que les dirigeants qu'ils méritent.

Pour mieux apprécier la Grandeur d'Allah (SWT), Lui qui élève et abaisse qui Il veut, dans la vie, et dans la mort. Notre très forte conviction citoyenne de jeune septuagénaire est que le Mali va enterrer, un à un, tous ses fossoyeurs, de l'intérieur et de l'extérieur, dans sa marche perpétuelle, avec les survivants éprouvés, vers lui-même, et le retour définitif à Dieu.

Mali

CAN 2019 - Le Mali qualifié et le Gabon en péril

L'équipe du Mali s'est qualifiée pour la Coupe d'Afrique des nations 2019 (15 juin-13 juillet au Cameroun)… Plus »

Copyright © 2018 Les Echos. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.