11 Juillet 2018

Afrique: ONU - Un projet d'embargo sur les armes au Soudan du Sud divise les membres

La résolution, qui sera soumise la semaine prochaine au Conseil de sécurité, doit permettre à cette instance de se prononcer sur l'imposition d'un embargo sur les armes dans ce pays, une proposition américaine qui n'est pas bien accueillie par tous les Etats alors que gouvernement et rebelles viennent d'accepter de se partager le pouvoir.

Le texte souligne « une préoccupation profonde » du Conseil de sécurité « face à l'échec des dirigeants du Soudan du Sud à mettre un terme aux hostilités et aux violations flagrantes » d'un accord de cessez-le-feu et de libre accès humanitaire conclu en 2015. Il est favorable à un embargo sur les armes jusqu'au 31 mai 2019 à destination de ce pays, et autorise les Etats membres des Nations unies à détruire ou neutraliser toute cargaison d'armes interdites en vertu de l'embargo.

Loin de s'arrêter à ce stade, le document renouvelle pour un an un régime général de sanctions imposé au Soudan du Sud et comporte une annexe prévoyant des mesures individuelles (gels d'avoirs, interdiction de voyager) pour cinq responsables ou ex-responsables sud-soudanais accusés de bloquer un règlement pacifique du conflit. Il s'agit notamment du ministre de la Défense, Kuol Manyang Juuk, de l'ex-chef d'état-major adjoint, Malek Reuben Riak, de Martin Elia Lomuro qui a rang de ministre, du ministre de l'Information, Michael Makuei Lueth, et de Paul Malong Awan, l'ex-chef d'état-major devenu un des dirigeants de l'opposition.

Pour avoir pris connaissance du projet initial de résolution, certains pays membres du Conseil de sécurité, dont la Russie, la Chine et l'Éthiopie plaident pour ne pas renforcer le régime général de sanctions. Les représentants de ces Etats militent pour cette démarche pour ne pas, selon eux, « mettre en péril la médiation menée par l'organisation régionale Igad et qui a conduit à l'accord de samedi ». Quant aux Etats-Unis et leurs alliés européens, qui veulent qu'un embargo sur les armes soit pris, ils soulignent la fragilité de l'entente et jugent nécessaire de garder une pression maximale pour avancer vers la paix.

Reste maintenant à savoir si le projet de résolution sera adopté puisque pour qu'il le soit, le texte doit recueillir au moins neuf voix sur les 15 du Conseil de sécurité et ne pas faire l'objet d'un veto d'un de ses cinq membres permanents. Fin mai, le Conseil de sécurité avait menacé de sanctions les belligérants si un terme n'était pas mis à la guerre civile.

Le Soudan du Sud est en guerre civile depuis 2013 quand le président Salva Kiir accusa son ex-Premier ministre, Riek Machar, de fomenter un coup d'Etat. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, près de quatre millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire majeure. Le 7 juillet, les deux principaux rivaux ont accepté de se partager le pouvoir, et le chef rebelle s'est vu attribué le poste de vice-président. Le pays a obtenu son indépendance du Soudan en 2011 avec le soutien des Etats-Unis, mais Washington est de plus en plus impatient devant la gestion de l'actuel chef de l'Etat sud-soudanais.

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