15 Juillet 2018

Tunisie: Pourquoi les tarifs des billets sont-ils en hausse ?

On peut se demander, maintenant, pourquoi cette flambée des prix des grands festivals d'une année à l'autre. D'aucuns pointent du doigt l'inflation, la dévaluation du dinar et sa chute vertigineuse face aux monnaies étrangères qui ont pour conséquence de tripler, voire quadrupler les prix des spectacles, et donc, des billets, en comparaison avec les années précédentes.

Sauf que la dépréciation du dinar n'est pas l'unique raison de la cherté des prix des spectacles et des tickets. Car, entre, également, en considération l'augmentation sensible et notable des cachets des artistes eux-mêmes et cela pour plusieurs motifs.

En fait, à l'ère d'internet, les artistes vivent de plus en plus de leurs spectacles et concerts, l'industrie du disque étant en baisse en raison du développement considérable des sites de téléchargement gratuits de musique dont Youtube, Extra-Torrent, Bitsnoop et autres.

Autres raisons de l'augmentation des tarifs: l'inexistence de fonds privés, l'absence de subventions municipales, à quelques exceptions près, la raréfaction des sponsors à cause de la crise économique ambiante.

Et si l'on y ajoute les frais de transport et d'hébergement des artistes ainsi que les frais de fonctionnement, logistique, communication et de sécurité et autres taxes et assurances cela ne peut qu'impacter fortement les prix des billets.

Or, cette flambée des prix n'est pas particulière à nos festivals puisqu'ailleurs aussi, les grands festivals connaissent une augmentation importante des prix due à la concurrence, à la fluctuation des devises et à l'augmentation notable des cachets des artistes. Ainsi, depuis 2008, les prix des festivals en Europe ont augmenté de plus de 50%.

Certaines voix se sont élevées récemment pour appeler au boycott de certaines têtes d'affiche étrangères (Kadhem Essaher et Majda Erroumi) dont les cachets ont été jugés très chers afin d'épargner nos devises mais il ne faut pas croire que les cachets de nos grosses pointures de la chanson ne sont pas, non plus, coûteux.

A preuve le cachet d'Amina Fakhet pour la première soirée (21 juillet) s'élève à environ 170.000, dinars tandis que le cachet de la 2e soirée (le 24 juillet) dépendra de ce que rapportera le guichet.

Par conséquent, et afin de satisfaire tous les publics et toute les bourses, notamment concernant les grands festivals dont la capacité de contenance des théâtres est importante, à l'instar de «Carthage», le plus logique et efficace serait d'opter pour un équilibre entre tous les arts (théâtre, danse, musique, cinéma) et en programmant aussi bien des têtes d'affiche d'ici et d'ailleurs que des artistes et groupes dans le but de drainer toutes les catégories de spectateurs.

Mieux, pour favoriser des prix de billets moins coûteux, il est nécessaire, outre les subventions du ministère des Affaires culturelles, que les municipalités et communes apportent des contributions financières et il s'agit aussi de mobiliser les privés et les mécènes.

Certes, cela demande du temps et beaucoup de sensibilisation, mais par la grâce de l'art tout est possible.

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