15 Juillet 2018

Afrique: Financement du commerce intra-africain - Afreximbank prévoit d'investir 25 milliards de dollars d'ici à 2021

Dans son rapport 2018 consacré au commerce en Afrique et publié au 2ème jour de son assemblée générale, la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) annonce le décaissement d'un montant de 25 milliards de dollars (près de 12.500 milliards de FCfa) destiné au financement du commerce intra-africain jusqu'en 2021.

Afreximbank compte investir 25 milliards de dollars, soit environ 12.500 milliards de FCfa, dans le développement du commerce intra-africain, a indiqué l'institution financière dans son dernier rapport annuel publié, avant-hier, à Abuja, à l'occasion de son assemblée générale.

En effet, la Banque a accordé la priorité au commerce intra-africain, au développement de l'industrialisation et des exportations et au leadership commercial en tant que piliers de son plan stratégique dénommé : « Impact 2021 ». Dans la mise en œuvre, Afreximbank a ouvert des lignes de crédit s'élevant à 800 millions de dollars à 55 banques à travers l'Afrique.

L'institution financière entend étendre ces lignes à au moins 500 banques africaines d'ici à 2021. Afin de diversifier les sources de croissance et de développer les échanges entre pays africains, la Banque soutient le développement de parcs industriels et de zones économiques spéciales dans la région.

Afreximbank travaille également en collaboration avec la Commission de l'Union africaine pour soutenir la mise en œuvre de la Zone libre-échange continental (Zlec) à travers un certain nombre d'initiatives stratégiques, y compris la première foire commerciale intra-africaine, cette année, au Caire, en Egypte, pour connecter les acheteurs et les vendeurs africains.

A cela, s'ajoute le développement d'une plateforme intra-africaine de paiements et de règlements commerciaux qui facilitera la compensation et le règlement des transactions commerciales intra-africaines en devises africaines; le lancement en 2018 d'une plate-forme africaine de référentiel de contrôle de la clientèle visant à améliorer l'accès au commerce en réduisant les coûts de mise en conformité.

La banque compte aussi créer un Comité panafricain du commerce et de l'investissement du secteur privé pour renforcer la participation du secteur privé africain aux négociations commerciales et à la formulation des politiques d'investissement.

Favoriser les infrastructures dans le financement du commerce africain

L'économiste Bissau guinéen, Paulo Gomes, par ailleurs, ancien directeur exécutif de la Banque mondiale pour l'Afrique subsaharienne, a invité les Etats africains à accorder une place centrale aux infrastructures dans le financement du commerce en Afrique.

« Le continent doit mettre à sa disposition les financements nécessaires pour son commerce, surtout favoriser les infrastructures pour soutenir le développement des échanges commerciaux », a préconisé M. Gomes.

Dans la même veine, Dr Caleb Fundanga, directeur exécutif de l'Institut de gestion macroéconomique et financière pour l'Afrique orientale et australe, soutient que les banques de second rang africaines peuvent contribuer au financement des activités commerciales du continent.

Toutefois, il juge nécessaire de renforcer leurs liquidités afin de mieux répondre aux besoins de financements des acteurs. Il faut aussi, à son avis, augmenter le capital d'Afreximbank en levant des fonds sur le marché financier.

« Cette banque d'import-export doit avoir assez de fonds pour répondre aux besoins de financements du commerce des Etats », a déclaré Dr Fundanga. Il propose également la création, dans les pays africains, d'organismes de crédits à l'exportation.

HAUSSE DE 10,6% DE LA VALEUR DU COMMERCE DE L'AFRIQUE AVEC LE RESTE DU MONDE

En 2017, la valeur du commerce de l'Afrique avec le monde a augmenté de 10,6 %, passant de 820,76 milliards de dollars à 907,63 milliards de dollars, en partie grâce à la poursuite du commerce bilatéral avec la Chine.

Cette augmentation, selon Afreximbank, a dépassé celle des échanges intra-africains qui ont encore progressé de 5,6 %, passant de 121,51 milliards de dollars à 128,25 milliards de dollars.

Cette progression s'explique par la hausse du commerce mondial, l'amélioration de la croissance économique africaine et l'augmentation des prix des produits de base.

S'agissant des champions du commerce intra-africain, ils sont restés largement les mêmes en 2017 qu'en 2016 avec l'Afrique du Sud, la Namibie et le Nigeria contribuant à plus de 35 % du commerce entre pays africains.

EMMANUEL AKYEAMPONG, PROFESSEUR A HARVARD : « L'ÈRE DES AVANTAGES COMPARATIFS EST RÉVOLUE »

Directeur de la faculté Oppenheimer du Centre d'études africaines de l'Université Harvard aux Etats Unis, le professeur Emmanuel Akyeampong a fait une communication sur l'histoire du commerce et de la finance en Afrique lors d'un panel à l'Assemblée générale d'Afreximbank.

D'après lui, l'Afrique a toujours souffert des effets des fluctuations des prix des matières premières dans le monde. Il estime que le continent ne peut plus continuer de se baser sur le principe des avantages comparatifs.

Elle doit, selon lui, plutôt en se focalisant sur le développement de ses industries locales en mettant l'accent sur les produits manufacturiers dans le marché local.

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