16 Juillet 2018

Sénégal: Recommandations du deuxieme avis trimestriel 2018 du CNRA - Pour le respect de la libre et saine concurrence entre les medias audiovisuels

Le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA) appelle les organes audiovisuels au respect des dispositions légales et réglementaires relatives à la libre et saine concurrence entre les entreprises de communication audiovisuelle.

Le régulateur a fait cette recommandation, en plus d'autres, suites aux nombreux manquements constatés ces trois derniers mois et qui constituent des violations de la réglementation, dans son deuxième avis trimestriel 2018, couvrant les mois d'avril, mai et juin.

Le Collège du CNRA, réuni en sa séance du 12 juillet 2018 et après en avoir délibéré, a rendu public son deuxième avis trimestriel sur les faits constatés et répertoriés durant la période du 1er avril au 30 juin 2018.

C'est à travers le service de monitoring et sur un échantillonnage portant sur 2072 programmes audiovisuels selon la langue utilisée, le format des programmes, la thématique abordée et enfin l'utilisation de la signalétique, a relevé plusieurs manquements.

Face à ces dysfonctionnements qui constituent des violations de la réglementation, le Conseil national de Régulation de l'Audiovisuel recommande de «veiller au respect de la diversité, des principes d'équilibre et de pluralisme dans le traitement de l'information notamment religieuse.»

Il s'agit, pour les médias, d'éviter scrupuleusement de diffuser des dérapages verbaux, surtout lors des débats et/ou émissions à caractère religieux, politique et culturel. Dans un pays laïc, les programmes doivent être épurés de tout propos portant atteinte à la sensibilité religieuse, à la cohésion sociale, à la vie privée et à l'honneur des citoyens.

Le CNRA, conformément à sa mission de veiller au respect de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale et du caractère laïc de la République dans les contenus des messages audiovisuels, telle que prévue à l'article 9 de la loi n° 2006-04 du 04 janvier 2006 rappelle que selon l'article 24 de la Constitution, la liberté de conscience, les libertés et les pratiques religieuses ou cultuelles, la profession d'éducateur religieux sont garanties à tous sous réserve de l'ordre public, lit-on dans le document.

RESPECT DES REGLES REGISSANT LA PUBLICITE

En autres recommandations, les médias sont invités à «se conformer aux principes qui régissent la promotion des produits, marchandises et marques dans les programmes audiovisuels.»

A ce niveau, le CNRA rappelle que la publicité, le parrainage, le sponsoring relèvent de régimes distincts qui en précisent la place dans les grilles de programmes des radios et télévisions.

Les éditeurs audiovisuels devraient éviter la confusion de genres consistant à diffuser des émissions qui confondent différents modes de promotion, en violation de la réglementation qui caractérise chacune des formes de présentation de produits et marques au public.

Aussi, les émissions de télé-achat sont encadrées par des règles qui leur sont propres, afin d'éviter qu'elles ne servent à détourner la réglementation concernant la publicité télévisée.

En effet, dans les émissions de télé-achat, interdiction est faite de mentionner la marque du produit, le fabricant, le distributeur et le prestataire de services. Il est impératif, pour les éditeurs audiovisuels, de se conformer à ce cadre légal et réglementaire, précise le régulateur.

En outre, le CNRA conseille de «concevoir et mettre en place un système de signalétique renseignant sur les caractéristiques des films diffusés et les franges du public habilitées à les suivre.» Et, la dernière recommandation, c'est «respecter les dispositions légales et réglementaires régissant l'audiovisuel au Sénégal, notamment en matière de droit de diffusion.»

Sur ce, le CNRA appelle au respect des dispositions légales et réglementaires relatives à la libre et saine concurrence entre les entreprises de communication audiovisuelle.

Mieux, à la veille d'événements culturels et/ou sportifs d'envergure, les éditeurs se doivent de transmettre à l'autorité de régulation tous les éléments susceptibles de renseigner sur l'acquisition effective des droits de diffusion par leurs services compétents en la matière, ajoute l'organe de contrôle.

MANQUEMENTS A L'ETHIQUE ET LA DEONTOLOGIE: TOUBA ET TFM A LA TRAPPE

Revenant sur les dysfonctionnements notés au cours de ce second trimestre, le CNRA souligne qu'ils sont relatifs notamment à l'éthique et à la déontologie, à la publicité et à l'enfance et l'adolescence. Par rapport à l'éthique et la déontologie (40,54%), le CNRA a épinglé Touba TV à travers l'émission «Spécial Korité, Ndéwenelou Mouride yi», diffusée une première fois le 16 juin et rediffusée le 17 juin 2018.

La TFM aussi est passée à la trappe: «Pendant l'émission «WAREEF RAMADAN» diffusée une première fois le 14 juin et rediffusée le 21 juin 2018 sur la TFM, l'animatrice, avec l'appui des personnes présentes sur le plateau, a converti en direct une jeune dame à l'Islam.

Dans la même émission, l'animatrice révèle, avec fierté, que presque toutes ces personnes étaient aussi présentes quand elle convertissait une autre enfant, précédemment.»

«De telles pratiques, notées sur Touba TV et TFM, qui ne doivent en aucun cas avoir pour cadre la télévision, sont de nature à porter atteinte à l'ordre public, à la cohésion sociale, à l'unité nationale et au caractère laïc de notre société»,déclare le CNRA qui parle de violation de l'article premier de la Constitution du Sénégal du 22 janvier 2001 qui proclame que la République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale.

Aussi dénonce-t-il le fait qu'à travers les revues de presse, les éditeurs audiovisuels continuent à relayer des termes et attitudes inappropriés, inspirés de la presse écrite.

PROLIFERATION DE PROGRAMMES POUVANT HEURTER LA SENSIBILITE DE L'ENFANT

Les manquements relatifs à la publicité (29,73 %) sont «la violation systématique des principes qui régissent la promotion des produits, marchandises et marques dans les programmes audiovisuels.»

Alors que ceux concernant l'enfance et l'adolescence (29,73 %) ont trait à «la prolifération de programmes pouvant heurter la sensibilité d'une frange de la population, particulièrement le jeune public», en violation de l'article 7 de la loi n°2006-04 du 04 janvier 2006 et de l'article 24 du cahier des charges applicables aux titulaires d'autorisation de diffusion de programmes audiovisuels.

«Dans la course à l'audimat, des formes de violences urbaines sont systématiquement mises en évidence, au mépris des stipulations des articles 25 et 26 du cahier des charges, relatifs aux catégories d'émissions et à la signalétique», conclut le CNRA.

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