17 Juillet 2018

Burkina Faso: Planification familiale - Se mettre sous contraception 10 mn après l'accouchement

La Planification familiale post-partum (PFPP) permet aux femmes de pratiquer l'espacement des naissances ou de limiter le nombre de leurs enfants. Depuis les consultations prénatales, la femme est exposée aux messages de la Planification familiale (PF) et 10 mn après l'accouchement, celle-ci a la possibilité de se mettre sous une méthode de contraception comme le Dispositif intra utérin (DIU).

La PFPP a été identifiée par l'OMS comme une stratégie clé pour réduire les besoins non satisfaits de PF. Le CMA de Do à Bobo-Dioulasso est l'une des 300 formations sanitaires du pays qui offre des services de PFPP.

Un vendredi du mois de juin 2018 au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Do à Bobo-Dioulasso ! Ce jour, au service de la maternité, les sages-femmes et maïeuticiens d'Etat sont en plein mouvement.

Des femmes enceintes, d'autres, bébés au dos ou entre les bras font aussi des va-et-vient entre les différents services de santé maternelle et infantile. Consultation, placement de méthode de contraception, accouchement, pesée, counseling sont, entre autres, les actes que s'attèlent au quotidien les occupants de ce lieu.

Centre de référence, le CMA de Do est un site de la Planification familiale post-partum (PFPP). Et Boukari Diallo, maïeuticien d'Etat, huit ans d'ancienneté, en est le spécialiste.

« Depuis 2 ans, je suis le point focal de la PFPP à la maternité du CMA de Do. Mon rôle consiste à travailler à une bonne mise en œuvre de la PFPP, d'entretenir le matériel et d'encadrer mes collègues à l'offre de service de PFPP », dit-il, sourire aux lèvres.

La PFPP est définie comme la prévention des grossesses non désirées et des grossesses très rapprochées durant les 12 premiers mois qui suivent l'accouchement (OMS). En effet, dix minutes après l'expulsion du placenta, ou 48 heures après l'accouchement, la femme peut placer son Dispositif intra utérin (DUI) pour une durée de 10 à 12 ans.

Selon M. Diallo, sa formation sanitaire enregistre, en moyenne, 400 accouchements par mois dont 200 parturientes acceptent une méthode de PF avec plus d'une centaine qui optent pour la méthode de longue durée. Par ailleurs, le CMA de Do reçoit, selon M. Diallo, 50 cas d'avortements spontanés ou provoqués par mois.

« Nous recevons les victimes d'avortements en état d'urgence. Ces victimes doivent en principe sortir de l'hôpital avec une méthode de contraception qu'elles doivent utiliser au moins pendant six mois avant de prendre une nouvelle grossesse», précise M. Diallo.

Grâce à des ONG comme Jhpiego, ce centre de référence dispose de matériel et de produit contraceptifs qu'il offre gratuitement dans le cadre de la PFPP à celles qui le désirent.

Pour le directeur de Jhpiego, Dr Stanislas Paul Nebié, c'est par son institution que la PFPP a été introduite au Burkina par des projets réduits de DIU. Et depuis 2015, ce projet intitulé « extension durable du PFPP au Burkina » est financé par des partenaires privés américains.

Les acquis sont considérables. Il a permis le renforcement institutionnel, l'élaboration et l'introduction des modules PFPP dans les curricula de formation de l'ENSP et de l'UFR/SDS.

« Le projet extension durable du PFPP est venu pour combler le gap en besoin non satisfait de PF. Il a permis de booster les indicateurs de l'utilisation du DIU au niveau du Burkina », a affirmé le coordonnateur du projet PFPP de Jhipiego au Burkina, Dr Cheick Ouédraogo.

Plus de 300 sites couverts

Plus de 10% des formations sanitaires du pays, soit plus de 300 formations sont couvertes par le projet PFPP. La progression de la couverture se fait en fonction des affectations des nouvelles sages-femmes et nouveaux maïeuticiens d'Etat formés à la PFPP.

« Plus il y a des sages-femmes affectées et déployées dans la période de mise en œuvre du projet, plus il y aura des sites couverts en PFPP », soutient Dr Nebié.

Ces différents sites sont dotés d'équipements par Jhipiego qui les suit pour s'assurer que l'offre de service respecte les normes.L'une des difficultés est que les agents de santé formés à la PFPP sont souvent débordés par les clientes. Souvent, leurs collègues se mettent à l'écart, car n'ayant pas reçu la formation nécessaire.

A cette difficulté, Jhipiego compte former des collègues des points focaux de PFPP sur leur site. Un autre obstacle de taille, selon Dr Nebié, est la couverture totale des formations sanitaires en PFPP.

Seuls 300 sur 2000 sites que compte le ministère de la santé sont couverts. « Quand les nouveaux diplômés sortent de l'école de santé, nous les suivons, nous les équipons en matériel de travail à travers le ministère de la Santé.

Cela coûte extrêmement cher », ajoute Dr Nebié. Le coût du projet, à entendre son coordonnateur, Cheick Ouédraogo, tourne autour de 3 à 4 millions de dollars. Il couvre la période de 2015-2018, mais vu les résultats concluants, les bailleurs de fonds ont accordé une deuxième phase jusqu'en 2020.

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