17 Juillet 2018

Sénégal: Portrait d'un herpetologue, créateur du 1er vivarium de l'Afrique de l'ouest au parc de Hann - Fallou Gueye, la passion des serpents dans le... sang

Créateur et directeur du reptilariumdu parc forestier et zoologique de Hann, Fallou Guèye mène sa vie aux côtés des serpents. L'herpétologue qui a subi une formation au parc zoologique de Rome, adore les animaux depuis le bas âge. Né en 1962, Fallou Guèye gère le vivariumen reconstituant leur milieu naturel, depuis 2015.

On dirait un professeur qui donne un cours à ses élèves. Dans sa tenue de travail, il explique, montre et fait des gestes puisés dans une profonde passion pour faire comprendre aux visiteurs la vie des serpents. C'est le quotidien de Fallou Guèye, herpétologue, (le mot vient del'herpétologie, partie de la zoologie qui étudie les reptiles) qui est ainsi rythmé. C'est sa vie de tous les jours, du matin au soir, au parc forestier et zoologique de Hann. Le créateur et directeur du reptilarium, qui estun vivarium spécialisé dans la présentation et l'élevage de reptiles, du parc de Hann a la passion des serpents depuis tout petit, comme il le dit lui-même: «j'adore les animaux, surtout ceux ignorés. Et c'est naturel en moi, dès l'âge de 10 ans, lorsque j'étais à Diourbel», confie-t-il.

Et c'est cet «amour» des reptiles qui lui a permis d'aller jusqu'en Italie pour y subir une formation, il y a une vingtaine d'années. Et c'est là-bas que l'idée de créer un vivarium,un espace aménagé pour conserver et montrer de petits animaux vivants (insectes, reptiles, etc.) lui est venue. «Je voyais au reptilarium de Rome que les gens étaient contents, avec leurs familles, de visiter les serpents qui étaient très bien protégés. Et je me disais que c'est un rêve que je vais donner à mon pays», raconte Fallou Guèye.

En 2015, avec l'aide du directeur des Eaux, Forêts, Chasse et Conservation de la nature, le colonel Baïdy Ba et son équipe, une place lui a été cédée au sein du parc forestier et zoologique de Hann pour installer le premier vivarium de l'Afrique de l'Ouest. Taille moyenne et teint noir, l'homme est vraiment accueillant et souriant. Né en 1962, polygame et père de neuf enfants, l'herpétologue passe la plupart de son temps avec les serpents. D'ailleurs, aime-t-il à le dire, «les serpents, c'est ma deuxième famille». A la question de savoir s'il a du temps vraiment pour sa famille, il répond: «je passe les nuits et les lundis avec ma famille. Et puis, plus tu adores les serpents, plus tu adores les gens».

Même si, au Sénégal, des gens exerçant le même métier que lui sont assez rares, Fallou Guèye se sent très bien dans son boulot. «Si vous connaissez les serpents, le travail n'est pas difficile. Et je me sens bien quand je suis ici», explique-t-il. Qui plus est, l'homme écarte toute idée de «dangerosité» de ces reptiles. Il n'est pas non plus content du traitement que les sénégalais réservent à ces animaux. «Les serpents n'attaquent jamais, mais c'est l'homme qui met son pied sur son corps. Et, comme le serpent ne peut pas parler, ce qu'il peut faire, c'est faire sa morsure. Les gens s'éloignent d'eux, ils les tuent et ça me fait mal, alors que ce sont des créatures de Dieu», révèle Fallou Guèye.

SUR LES 2700 TYPES DE SERPENTS DANS LE MONDE, LE SENEGAL EN COMPTE 63 DONT SEULS 18 SONT DANGEREUX

Aujourd'hui, Fallou Guèye travaille en collaboration avec les Sapeurs pompiers et doit son paiement et les frais de l'entretien des serpents aux tickets vendus aux visiteurs du reptilarium. «Quand il y a l'apparition de serpents, les Sapeurs pompiers m'appellent et je vais avec eux. On les récupère, sinon les gens les tuent», regrette Fallou Guèye. Non sans faire savoir que dans le monde, il y a 2700 types de serpents dont 300 qui sont dangereux. Et, sur les 2700 catégories répertoriées dans le monde, le Sénégal n'en compte que 63 (types de serpents) dont 18 seulement sont dangereux. Fallou Guèye appelle ainsi le ministre de la Santé et de l'Action sociale, et celui de l'Environnement et du Développement durable à plus de sensibilisation sur ces reptiles.

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