Sénégal: Libération de Khalifa Sall suite à la décision de la CEDEAO - L'APRr se «braque»

Khalifa Sall au Tribunal de Dakar
17 Juillet 2018

La décision de la Cour de justice de la Cedeao sur l'affaire de la caisse d'avance de la mairie de Dakar ne peut aucunement impacter le procès en appel de Khalifa Sall. C'est du moins le leitmotiv de beaucoup de responsables politiques de l'Alliance pour la République (Apr), qui se sont braqués contre la conséquence juridique qu'en tirent les souteneurs du député-maire. Toutefois, les avis nuancés ne manquent pas dans le camp présidentiel.

La conséquence juridique qui doit découler de la décision de la Cour de justice de la Cedeao, dans l'affaire de la caisse d'avance de la municipalité de Dakar, divise la classe politique. Ceux qui soutiennent la thèse de la libération immédiate du député-maire Khalifa Sall, suite au constat fait par la juridiction communautaire, notamment la violation de ses droits, font face au refus catégorique de certains responsables du parti présidentiel.

En effet, beaucoup de membres du parti au pouvoir refusent de laisser le champ libre à leurs adversaires politiques qui réclament la libération de Khalifa Sall. Il en est ainsi du Chef de Cabinet du président de la République, Oumar Youm. Pour lui, cette décision rendue par la cour de la Cedeao ne peut pas impacter sur la poursuite des procédures qui ont été engagées ni sur la liberté de Khalifa Sall. Allant même plus loin, il dira que «la Cour avait, si c'était le cas, les moyens de demander la liberté de Khalifa Sall».

Ce type de commentaire, Oumar Youm n'a pas été le seul à le faire durant le weekend dernier. Son camarade de parti, porte-parole de l'Alliance pour la République (Apr)et du gouvernement, le ministre Seydou Gueye s'est aussi prêté au jeu de commentaire dudit arrêt. Pour lui, «les juges de la Cedeao, par leur décision, ont laissé le soin aux juges sénégalais de poursuivre la procédure parce qu'ils ont une claire conscience que le droit, dans cette affaire, doit être dit par le juge national». Mieux, il estime que ladite juridiction a infligé un «camouflet» aux avocats de Khalifa Sall car, ils ont été déboutés de beaucoup de leurs demandes, dont celles de la cessation des poursuites et de la libération immédiate de leur client.

Le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Mansour Faye ira plus loin dans ce débat politico-judiciaire. Pour le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, il est évident que «rien ne peut faire reculer le président Macky Sall dans le cadre de la traque des biens mal acquis». A ces positions toutes tranchées sur la question de la libération immédiate ou pas de Khalifa Sall, s'ajoutent celles un peu nuancées de certains responsables apéristes.

Le président du groupe parlementaire de la majorité, Bennoo Bokk Yaakaar (Bby), Aymérou Gningue, fait parti de ces responsables de l'Apr qui estiment «qu'il faut laisser l'institution judiciaire travailler sereinement, tenir compte effectivement de l'arrêt et dire le droit à travers la Cour d'appel». Sans langue de bois, son collègue député, non moins président du parlementaire de la Cedeao, Moustapha Cissé Lo, pense que «l'Etat a l'obligation de respecter l'arrêt de la Cour de la Cedeao».

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Sénégal

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.