17 Juillet 2018

Mali: Le défi du taux de participation à la présidentielle

Lancée depuis le 7 juillet 2018, la campagne électorale en vue de l'élection présidentielle bat son plein dans les villes, villages et hameaux de culture au Mali. Objectif : occuper au soir du 29 juillet 2018, jour des élections, le fauteuil que le président sortant et candidat, Ibrahim Boubacar Keïta a mis en jeu.

Si en terme de mobilisation de l'électorat, chacun des candidats met toutes les chances de son côté, l'équation aux multiples inconnues de ce scrutin reste le taux de participation. En effet, la distribution de la nouvelle carte d'électeur malienne rencontre d'énormes difficultés avec d'abord, la grève des administrateurs civils et ensuite la situation sécuritaire.

Si le mouvement d'humeur des préfets et sous-préfets a été vite maîtrisé, la question de l'accessibilité de certaines régions du pays et surtout la peur bleue qui habite certains Maliens, craignant les représailles des groupes terroristes, constituent de sérieux handicaps.

Selon les derniers chiffres des autorités maliennes, notamment celles en charge de la sécurité et de l'organisation des élections, le taux national de retrait des cartes d'électeurs est de 57% avec un pic de 71% à Sikasso et 40% à Bamako, la capitale.

Pour y faire face, le gouvernement malien envisage de décréter des « Journées citoyennes », deux jours chômés et payés afin de donner un coup d'accélérateur au retrait des cartes. S'il le faut, les électeurs détenteurs des anciennes cartes pourront également voter.

En attendant, la potion de la sensibilisation des populations à aller retirer leur carte d'électeur, pourrait marcher dans les grandes villes et surtout celles du Sud du pays.

Mais au Centre du pays - autour de Mopti - et au Nord dans certaines localités de Gao, Tombouctou, Kidal et Taoudenni où l'insécurité, les attaques et assassinats ciblés sont devenus le quotidien des populations, il serait difficile de les convaincre d'aller voter, même s'ils disposent de la carte.

Certes, chaque candidat a droit à une garde rapprochée et une escorte au cours « des déplacements qui leur paraissent risqués », mais qu'en est-il des électeurs ?

Il serait certainement illusoire de penser qu'il est possible de mettre un homme armé derrière chaque Malien, mais un minimum de sécurité leur sera indispensable le jour du vote et même après, au risque de recevoir la visite de certains groupes terroristes qui ne veulent pas voir, même en photo, l'Etat et toute sa représentation dans les zones sous leur contrôle.

L'autre inquiétude du scrutin concerne donc les zones où l'administration n'a pas fait son retour à cause de l'insécurité. « Qui voudra tenir un bureau de vote dans un village du cercle de Ténenkou ou de Djenné ? Chaque centre de vote sera-t-il sécurisé ? », s'est confié à RFI, le maire adjoint d'une commune de la région de Mopti.

C'est donc dire l'incertitude qui plane sur les votes dans certaines contrées du Mali, malgré le fait que 11 000 policiers, gendarmes et militaires seront déployés sur le terrain tout comme les anciens combattants des groupes armés signataires de l'accord de paix et la Mission des Nations unies au Mali.

En un mot comme en mille, le taux de participation à cette élection risque d'être plus bas que celui de la dernière élection présidentielle. A l'impossible, nul n'est tenu et le Mali est obligé de faire avec.

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