17 Juillet 2018

Afrique de l'Ouest: L'ONU s'inquiète d'un possible resserrement des liens entre les groupes extrémistes au Sahel

New York — L'ONU a exprimé mardi sa préoccupation face à "un possible resserrement" de liens entre les groupes extrémistes en Afrique de l'Ouest et au Sahel, évoquant "une menace croissante" que font peser les groupes armés transfrontaliers dans la région.

"L'inquiétude grandit face à un possible resserrement des liens unissant les groupes (extrémistes) en Afrique de l'Ouest et au Sahel" souligne le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres dans son rapport semestriel sur la situation en Afrique de l'Ouest et au Sahel qui sera présenté ce soir au Conseil de sécurité.

Le rapport qui couvre la période allant de janvier à fin juin dernier, relève que les attaques menées ces derniers mois au Sahel ont "considérablement gagné en complexité" faisant un plus grand nombre de morts. L'ONU s'inquiète également de "l'emploi de plus en plus fréquent d'engins explosifs improvisés au Burkina Faso et au Niger".

Le Burkina Faso a continué de subir les attaques de groupes extrémistes, tels que le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le long de la frontière avec le Mali, de plus, des éléments de l'Etat islamique du Grand Sahara ont continué de pénétrer sur le territoire en franchissant la frontière avec le Niger, selon le rapport.

Le groupe armé Ansar al-Islam a lui aussi perpétré à plusieurs reprises des attentats contre les forces de sécurité et des civils dans la province septentrionale du Soum à Ouagadougou. Des attaques toujours plus nombreuses ont été signalées dans des zones épargnées jusque-là.

"Cette contamination par la violence d'autres régions du pays ne manquant pas de susciter des inquiétudes", relève Guterres dans ce rapport qui livre un aperçu sur l'état d'avancement de l'exécution de la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Au Niger, la présence de groupes armés non étatiques s'est renforcée dans la région occidentale de Tillabéri, où des activistes affiliés à l'Etat islamique du Grand Sahara s'en sont pris aux services de sécurité et à d'autres cibles.

Dans la région de Diffa, les attaques menées par la faction "Province d'Afrique de l'Ouest de l'Etat islamique" du groupe terroriste Boko Haram ont été signalées en moins grand nombre mais les activités criminelles violentes sont en recrudescence.

Durant la période sous revue, le nombre d'attaques attribuées à Boko Haram a globalement reculé au Niger, tandis que celles-ci ont gagné en ampleur et en nombre au Nigéria.

Depuis le début de l'année, Boko Haram serait responsable de plus de 90 attaques qui ont fait au moins 260 victimes rien qu'au Nigéria, selon les données du rapport.

Le chef de l'ONU, s'est dit "profondément préoccupé par le fait que, dans certaines régions du Sahel, le champ d'action et l'autorité de l'Etat semblent se contracter au lieu de s'étendre".

Le recul de l'autorité de l'Etat dans ces pays a permis à des groupes extrémistes souvent liés à la criminalité transnationale organisée, d'offrir des moyens de subsistance alternatifs, relève -t-il.

La menace croissante que font planer les groupes armés transfrontaliers et la criminalité transnationale organisée a "continué de s'aggraver du fait de la défaillance des institutions étatiques et de la fourniture erratique des services publics", note le rapport.

Globalement, "la situation en matière de paix et de sécurité en Afrique de l'Ouest et au Sahel est demeurée tributaire des conditions de sécurité ayant prévalu au Mali, au Nigéria et au Niger, et de l'aggravation de l'insécurité au Burkina Faso. Aussi, les conflits violents opposant éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires ont gagné en fréquence, en intensité, en complexité et en étendue dans l'ensemble du Sahel", constate le document.

Ces heurts, "alimentés par la rapidité de la croissance démographique, la défaillance de la gouvernance, les pressions écologiques et la circulation des armes légères et de petit calibre, prennent le caractère de menaces multidimensionnelles" touchant l'ensemble de la sous-région, indique Guterres qui appelle la CEDEAO et l'ONU à trouver une solution durable à ce problème.

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