19 Juillet 2018

Sénégal: Délibéré du procés pour apologie du terrorisme - Jour de vérité pour Imam Aliou Ndao et co accusés

Le verdict du procès pour apologie du terrorisme est attendu, ce jeudi 19 juillet. Imam Aliou Ndao et ses co-accusés doivent être fixés sur leur sort ce matin, après 27 jours d'audiences à l'issue desquels le représentant du Procureur avait requis la perpétuité contre Makhtar Diokhané, 30 ans de travaux forcés contre l'imam Ndao, 5 à 20 ans de prison et de travaux forcés contre d'autres accusés et sollicité l'acquittement de 8 autres prévenus. La défense avait demandé l'acquittement de tous les 29 prévenus, dont trois femmes.

Imam Aliou Ndao (ou Alioune Badara Ndao) et ses coaccusés dans le procès sur le terrorisme et apologie du terrorisme retiennent leur souffle. Le verdict de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar est attendu aujourd'hui, jeudi 19 juillet.

«Le jugement sera prononcé le 19 juillet 2018 à 09H00», avait déclaré Samba Kane, le président de la Chambre criminelle spéciale, à la fin de l'audience. En effet, le procès pour apologie du terrorisme a été clôturé, le jeudi 31 mai dernier, suite à la plaidoirie des avocats d'imam Alioune Badara Ndao, après 27 jours d'audience.

Mais, auparavant, le substitut du Procureur avait, le 14 mai dernier, eu la main lourde contre certains prévenus, dans son réquisitoire.

Convaincu de sa culpabilité, Aly Ciré Ndiaye avait requis la peine maximale, les travaux forcés à perpétuité contre Makhtar Diokhané, le présumé «recruteur» de Boko Haram au Sénégal. Celui-ci est «coupable» à ses yeux de terrorisme, association de malfaiteurs, apologie du terrorisme, financement du terrorisme et blanchiment de capitaux.

Le Procureur avait aussi demandé au tribunal de condamner à 30 ans de travaux forcés l'imam Ndao, jugé pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, apologie au terrorisme, blanchiment de capitaux, financement et détention de capitaux, détention d'arme et de munitions sans autorisation».

Il avait également réclamé des peines de «5 à 10 ans» de prison et de 15 et 20 ans de travaux forcés contre d'autres accusés et sollicité l'acquittement du reste du groupe, au total 8 co-inculpés de l'imam Ndao.

L'audience sera suspendue après ce réquisitoire du Procureur Aly Ciré Dia, pour ne reprendre que le jeudi 17 mai, avec la plaidoirie de la défense qui a eu le temps de préparer sa contre-attaque.

Mieux, les avocats de la défense qui ont clôturé leurs plaidoiries, le jeudi 31 mai, avec l'intervention des conseils de l'Imam Ndao, avaient réclamé l'acquittement de tous les 29 prévenus, dont trois femmes.

Ils sont poursuivis pour «actes de terrorisme par menaces d'attentat», «association de malfaiteurs, financement du terrorisme, blanchiment de capitaux», «apologie du terrorisme» et «détention d'armes sans autorisation».

De même, après les plaidoiries de leurs avocats, les prévenus qui s'étaient exprimés avaient tous rejeté les accusations à leur encontre.

«Je n'ai jamais commis les faits pour lesquels je suis poursuivi», avait ainsi déclaré Makhtar Diokhané, décrit par le parquet comme «l'idéologue» du groupe. Quant à imam Alioune Badara Ndao, accusé d'être le «coordonnateur» du groupe, il avait soutenu n'avoir pas commis d'actes répréhensibles, non sans rappeler qu'«il n'y a de juge suprême que Dieu».

LE DENOUEMENT, APRES 3 RENVOIS ET 27 JOURS D'AUDIENCE...

Après trois renvois successifs, le procès de l'imam Aliou Ndao et ses 29 co-accusés, dont 3 femmes, pour apologie du terrorisme avait repris le lundi 9 avril 2018 à la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar.

Le même jour, toujours dans le cadre du procès sur le terrorisme, Ibrahima Ly, un franco-sénégalais et l'étudiant Assane Camara étaient fixés sur leurs sorts.

Jugés avant, les 14 et 15 mars derniers, pour apologie du terrorisme, la Chambre criminelle spéciale avait prononcé l'acquittement pour Assane Camara, poursuivi pour des faits de financement de terrorisme et d'association de malfaiteurs en vue d'une entreprise de terrorisme. Par contre, le Tribunal avait infligé la peine de 15 ans de travaux forcés à Ibrahima Ly, accusé d'apologie du terrorisme et d'actes de terrorisme.

Bref, il est reproché à ces prévenus du procès sur le terrorisme, dont certains ont séjourné dans des zones contrôlées par le groupe «islamiste» nigérian Boko Haram, d'avoir voulu installer des bases djihadistes dans le Sud du Sénégal et d'avoir envisagé d'étendre ensuite leur projet à des pays voisins tels que la Gambie...

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