19 Juillet 2018

Tunisie: Ennahdha fidèle à ses positions

Ainsi, l'appel lancé, lundi 16 juillet, par Ennahdha à l'adresse de Youssef Chahed, chef du gouvernement, l'exhortant à accélérer le remaniement ministériel qu'il a déjà promis et à s'engager lui et ses ministres à ne pas se porter candidats à la présidentielle et aux législatives de 2019 a-t-il été saisi par plusieurs analystes comme une menace de retrait de soutien du parti nahdhaoui à Youssef Chahed.

Et ces mêmes analystes de poser la question: quelles sont les nouveautés qui ont poussé le parti islamiste à conditionner le soutien qu'ils ont toujours accordé au chef du gouvernement et à lui faire comprendre que cet appui n'est pas irréversible et que son retrait est possible au cas où il ne satisferait pas les exigences du parti ?

Sauf que lorsqu'on retourne au contenu du Document de Carthage II et à ses fameux points, dont le 64e, considéré comme celui de la discorde (Youssef Chahed doit-il rester à La Kasbah ou partir), on découvre l'existence d'un autre point intégré dans le document à la demande d'Ennahdha et n'ayant pas bénéficié de la médiatisation qu'il mérite.

Le point ou la clause sous-médiatisée spécifie, en effet, qu'au cas où Youssef Chahed et ses ministres seraient maintenus pour concrétiser le contenu du Document de Carthage II (y compris ceux qui seront nommés à la suite du remaniement devenu inéluctable), ils doivent s'engager à s'abstenir officiellement de se porter candidats aux élections présidentielle et législatives de 2019; et la nouveauté est bien claire : ce ne sera pas uniquement Youssef Chahed qui devra renoncer à ses ambitions présidentielles mais aussi ses ministres qui devront tirer un trait sur leur rêve de briguer un siège au Parlement.

Le piège Habib Essid ne se renouvellera pas

Il se trouve que lorsque le communiqué d'Ennahdha a été publié lundi 16 juin à la suite de l'échec de la réunion du palais de Carthage groupant les sept partenaires à l'initiative Carthage II, on a eu l'impression dans le feu de l'action que le parti de Montplaisir est revenu à ses anciennes conditions exprimées en juillet 2017 quand le président d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, a demandé à Youssef Chahed dans une interview accordée à Nessma TV, d'annoncer qu'il ne se portera pas candidat à l'élection présidentielle de 2019.

Cette demande a suscité, rappelons-le, une vive polémique au sein du paysage politique national, y compris à l'intérieur du parti nahdhaoui où plusieurs responsables opposés à Ghannouchi, qui ont reproché ce conseil anticonstitutionnel, considérant qu'il n'avait pas de leçon à donner au chef du gouvernement.

Aujourd'hui, Ennahdha a changé de tactique «pour ne pas renouveler l'amère expérience qu'elle a vécue quand les responsables de Nida Tounès ont décidé de se débarrasser de Habib Essid et «nous ont entraînés dans leur sillage, nous obligeant de fait à cautionner Youssef Chahed à la tête du gouvernement», explique Abdellatif Mekki, député nahdhaoui et membre du Conseil de la choura, sur les ondes d'une radio privée (Mosaïque FM).

Il ajoute : «Notre appui actuel à Youssef Chahed n'est pas à saisir comme un soutien personnel. Nous avons toujours indiqué que nous sommes pour la stabilité du gouvernement et nous considérons qu'il n'existe pas actuellement une alternative fiable à Youssef Chahed et à son gouvernement. Plus encore, ceux qui s'accrochent bec et ongles au départ de Youssef Chahed ne proposent aucune personnalité à même de le remplacer».

En tout état de cause, la réaffirmation d'Ennahdha de voir Youssef Chahed renoncer à son rêve présidentiel vide de tout son sens la campagne menacée par certaines parties qui estiment que le parti nahdhaoui parie sur Youssef Chahed pour le présenter en tant que son propre candidat à la prochaine élection présidentielle.

Abdellatif Mekki tient à souligner : «Au sein d'Ennahdha, au cas où nous déciderions de briguer le palais de Carthage, notre candidat ne peut être que le président du parti.

Pour le moment, la question n'est pas encore soumise à l'examen.

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