20 Juillet 2018

Ile Maurice: Normes de sécurité - Les jouets passent le test

Après un long voyage depuis leur pays d'origine, ils atterrissent à Maurice. Mais ce n'est pas pour approvisionner automatiquement les magasins. Les jouets destinés au commerce sont soumis à plusieurs tests de sécurité au Mauritius Standards Bureau.

Élégamment vêtue d'une robe marine toute fleurie et d'un chapeau ancien, une oursonne va passer sur le... gril. Au laboratoire de Fibre Technology, au Mauritius Standards Bureau (MSB), à Moka, la vie de cette peluche ne tient plus qu'à un fil. Raj Gunnoo, manager de ce laboratoire spécialisé, adosse le jouet à des supports métalliques. Ensuite, un brûleur est ajusté à 0,5 mm de l'objet et à 45 degrés avant de faire feu. «Nous procédons à un test d'inflammabilité afin de vérifier la vitesse à laquelle le feu se propage. Nous déclenchons la flamme sur le jouet pendant trois secondes. Sa hauteur doit atteindre 20 mm. De là, on observe si elle s'éteint ou s'embrase», confie-t-il.

Grâce à trois détecteurs connectés au jouet et à un ordinateur, les résultats du test sont traités par un logiciel. Le scientifique scrute alors la propagation de la flamme de la zone inférieure jusqu'à la partie supérieure du jouet. D'après la loi, le seuil ne doit pas dépasser les 30 mm par seconde. Dans ce cas précis, si l'oursonne a perdu sa robe sur le bûcher, il lui reste quand même toute sa tête. Elle est donc à l'épreuve du feu et passe le test.

Outre l'inflammabilité, les jouets se prêtent à d'autres contrôles au MSB. Par exemple, pour mesurer tout danger physique et mécanique, les parois et composants sont passés au crible. «On vérifie si le jouet risque de blesser l'enfant avec ses composants pointus tels que des antennes de télécommande.»

Pour ce faire, le composant en question est inséré dans un sharp point tester. Si celui-ci ne s'y emboîte pas, le jouet n'est pas dangereux. Inversement, si la pointe se glisse dans l'appareil, un circuit interne est activé, suivi d'une lumière. Le jouet échoue donc au test et ne doit pas être commercialisé.

Un sonomètre est utilisé pour les tests sur les objets musicaux. «Si le son est trop élevé, cela va affecter les tympans de l'enfant. Nous plaçons l'appareil à 50 cm du jouet pour évaluer le taux de décibels. La tolérance varie de 85 à 110 décibels selon le type de jouet», expliquent Yusuf Foondun, Acting Deputy Director du MSB, et Raj Gunnoo.

Après ces analyses, on s'adonne à un peu de chimie. Avec Chundunsing Baichoo, Acting Head de la Chemical Unit, nous entrons dans une salle où trône un énorme appareil blanc baptisé inductive coupled plasma optical emission spectrometer.

«La majorité des jouets sont pourvus de couleurs afin de les rendre attractifs.» Mais, souvent, afin que ces nuances adhèrent mieux, les fabricants y ajoutent des métaux lourds comme le plomb ou encore l'arsenic.

Au laboratoire de chimie, indique Ghansyan Seedyah, Quality Officer, les petits composants colorés sont dilués dans de l'acide. La substance est alors envoyée vers le spectromètre pour des investigations avancées. Comme pour le test d'inflammabilité, tout est relié électroniquement à un moniteur affichant les résultats.

Si les jouets sont électroniques, d'autres analyses sont effectuées pour s'assurer de leur fiabilité. Selon Rashida Nanhuck, Acting Director du MSB, tout contrôle sur les jouets est régi par la loi et l'European Norm (EN 71). «Il faut s'assurer que c'est sans danger, surtout pour les enfants en bas âge qui peuvent les mâcher.»

Cependant, tous les jouets ne sont pas testés. Généralement, lorsqu'ils sont importés à des fins commerciales, ils doivent présenter un certificat de conformité remis par un laboratoire indépendant sur demande du fabricant. Si les objets ne disposent pas de l'attestation, un échantillon peut être prélevé par la Consumer Protection Unit pour des analyses au MSB. «Il existe des cas où bien que le certificat soit émis, des doutes subsistent quant à la sécurité. On peut demander plus d'informations à l'importateur. S'il ne parvient pas à les fournir, les jouets seront interdits sur le marché», explique Yusuf Foondun.

D'autant que ces évaluations s'appliquent davantage aux jouets commerciaux, puisque seul un échantillon du stock passe les tests. Après ces analyses destructrices, l'objet devient inutilisable. Qu'advient-il des jouets échouant aux examens du MSB ? Aucune seconde chance n'est permise. Le moindre échec à l'un des tests les condamne à une mort certaine. Ils sont interdits de vente sur le marché. Ce sont les autorités qui décident alors de leur sort.

Combien ça coûte ?

Pour faire vérifier les jouets, il faut débourser. Les frais tests mécaniques et physiques sont de Rs 2 500 par jouet, indique Chundunsing Baichoo. Quant à ceux d'inflammabilité, il s'élève à Rs 3 000. Pour l'évaluation chimique, les tarifs sont à partir de Rs 8 000, dépendant des couleurs des jouets. Plus il en contient, plus les chiffres grimpent. De quoi en voir de toutes les couleurs...

Ile Maurice

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