20 Juillet 2018

Tunisie: La municipalité «capitule»

Ce jour-là, classé justement comme l'une des dates les plus mémorables de l'histoire de la ville, la satisfaction des habitants et des commerçants légaux à pris les allures d'une liesse populaire, tellement la victoire était retentissante, parce qu'inespérée. Il faut le faire ! Au lendemain de cette «purge», l'immense espace qu'occupaient les étals anarchiques est redevenu, du coup, beau à voir et facilement circulable, surtout que, par une mesure préventive, des véhicules de la police y stationnaient, de jour comme de nuit, ce qui a coupé l'herbe sous les pieds des propriétaires de ces étals désormais privés de toute chance de revenir à la charge.

En ce temps-là, il faut également rappeler qu'un suivi quotidien était accordé à cette question, et cela à coups de réunions et de visites d'inspection des autorités locales et régionales. Bref, pas de relâchement, aucune baisse de la garde, tant et si bien que plus personne ne parlait de commerce parallèle. Comme par enchantement !

Rebelote

Affaire classée ? Que nenni, car, moins de deux ans plus tard, revoilà les étals anarchiques. Incroyable, mais hélas vrai ! Les voici de retour, plus envahissants que jamais, comme le constate aujourd'hui tout visiteur du périmètre entourant le marché municipal de la ville de l'Ariana. Là où étals et charrettes de fortune implantés à gauche et à droite jouent des coudes pour écouler des marchandises acquises on ne sait où, et dont les prix et la qualité échappent à tout contrôle ! Ce qui est encore plus bizarre, c'est que tout se passe à deux pas des... véhicules de la police.

Et là, ouvrons une parenthèse pour dire que la plupart de ces derniers, c'est vérifié, sont des... repris de justice n'hésitant pas à exhiber fièrement tatouages et traces de balafres sur leurs corps. Une démonstration de force qui se répète chaque jour au grand dam de tout le monde et en premier lieu des commerçants exerçant à l'intérieur du marché et qui ne comptent plus leur manque à gagner quotidien, bien qu'ils payent impôts, taxes municipales et, pour certains, tranches mensuelles de prêts contractés auprès des banques.

Ces commerçants dont l'unique tort est de n'avoir pas cherché à... tricher sont aujourd'hui fatalement abandonnés à leur sort, au terme d'improductives manifestations de colère et de protestation devant le siège du gouvernorat. Autre perdant, la municipalité qui, à défaut de victoire, se contente d'en tirer de maigres recettes et d'accomplir sagement la corvée quotidienne du... ramassage des ordures laissées par les étals anarchiques !

Fin de récréation?

Inévitablement fusent les interrogations inquiétantes suivantes : qui a motivé la résurgence de ce fléau? Est-elle due à une mesure provisoire ou à des fins politiques? Pourquoi l'impunité perdure-t-elle?

A-t-on peut-être peur de ces... bandits qui à la moindre menace de leur survie s'empressent d'investir bruyamment l'Hôtel de Ville et parfois même le siège du gouvernorat? Où est l'autorité de l'Etat dans la région? Peut-on parler de capitulation? Oui et non. Oui, quand on sait que ce «combat» accuse un grand retard, et que, pour espérer rattraper le temps perdu, il va falloir faire preuve d'énormément de courage et de détermination.

Non, si l'on se réfère aux promesses rassurantes ressassées avec une rare fougue, durant la dernière campagne électorale des municipalités. Promesses martelées par pratiquement toutes les listes participantes qui ne cessaient d'affirmer que l'éradication du phénomène encombrant du commerce parallèle constitue l'une de leurs priorités majeures, une fois aux commandes de la mairie. Avec l'installation de la nouvelle équipe municipale, peut-on dire que la récréation est terminée et que chose promise chose due? Attendons voir.

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