21 Juillet 2018

Afrique: Santé - Amsterdam accueille une conférence internationale sur le SIDA

Photo: New Zimbabwe
Teste de SIDA (archive).

La rencontre réunira experts et militants du 23 au 28 juillet, dans la capitale hollandaise, à un moment où s'installe une dangereuse complaisance vis-à-vis de la maladie qui ne cesse de faire des ravages à travers le monde, puisque quatre-vingts millions de personnes sont contaminées depuis son apparition au début des années 1980.

La conférence d'Amsterdam est l'occasion pour les scientifiques de débattre de l'incidence des avancées récentes, ou des revers, dans la quête de traitements anti-VIH meilleurs et plus simples. Elle vient à point nommé étant donné que 36,9 millions de personnes vivent aujourd'hui avec le VIH.

Si des efforts sont davantage consentis pour en finir avec le sida, il faut reconnaître que l'objectif paraît encore loin d'être atteint aujourd'hui pour la simple raison que malgré la baisse du nombre d'infections au VIH, certains pays ou certaines régions voient toujours des résurgences du virus. Pourtant, selon l'Onusida, près de trois personnes sur cinq prennent des traitements antirétroviraux pour l'éviter, faisant en sorte que pour la première fois depuis le début du siècle, le nombre de morts annuel puisse passer sous un million en 2016 et en 2017. La lutte contre la maladie a du mal à aboutir parce qu'après plus de trois décennies de recherche, le virus reste incurable et sans vaccin. Le seul espoir pour des personnes qui vivent avec le VIH est qu'il ne s'aggrave pas en sida.

Des experts soutiennent que dans une cinquantaine de pays, les infections sont en hausse, faute de prévention ou à cause de législations répressives contre la population à risque (homosexuels, toxicomanes s'injectant des drogues). Du fait de cette situation, la présidente de la Société internationale sur le sida (IAS), Linda-Gail Bekker, a estimé que « donner la priorité au traitement du VIH plutôt qu'à cette prévention pourrait bien avoir été une erreur stratégique ». « Il n'y a pas d'épidémie dont nous nous soyons sortis par des traitements », citant le virus d'Ebola ou la tuberculose. « Clairement, un vaccin est le Graal, mais nous n'y sommes pas encore », a-t-elle affirmé. Linda-Gail Bekker a dit croire aux bénéfices de la prévention : le préservatif, les aiguilles neuves pour les toxicomanes et la médecine préventive.

Les associations estiment que les traitements qui permettent de vivre avec le VIH nuisent paradoxalement à la prévention. Réagissant à cela, Peter Piot, chercheur et ancien patron de l'Onusida, a déclaré : « Les chiffres ont donné à certains le cran de déclarer que la fin du sida est à portée de main ». « Il n'y a absolument aucune preuve pour soutenir cette idée », a-t-il dit, lors d'une conférence de presse, mettant en garde contre « une dangereuse complaisance ». Les auteurs d'un rapport sur l'épidémie pour l'IAS et la revue médicale "The Lancet" sont « extrêmement inquiets de voir le risque, réel, que le monde puisse crier victoire bien avant que notre combat contre le sida soit terminé », a confié le chercheur.

La prévention tout comme le traitement de l'épidémie nécessitent des financements conséquents. Or, l'Onusida estime à sept milliards de dollars par an les financements manquants pour que le sida ne soit plus une menace pour la santé publique mondiale en 2030. Pour parvenir à cet objectif, le nombre de nouveaux cas de VIH et de morts liées à la pandémie devra chuter de 90% sur vingt ans. Notons cependant qu'après avoir baissé pendant deux ans, les fonds versés aux pays à revenus faibles et moyens pour la lutte contre le sida ont augmenté en 2017 de 16% à 8,1 milliards de dollars, selon les chiffres de l'Onusida et l'ONG Kaiser Family Foundation.

Plus de quinze mille délégués sont attendus aux Pays-Bas pour la conférence internationale sur le sida, y compris des célébrités comme le prince Harry, l'actrice Charlize Theron ou le chanteur Elton John.

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