22 Juillet 2018

Burkina Faso: Passamwendé Maimouna Ouédraogo - La mère Theresa de Soubré (Portrait)

Fondatrice d'un orphelinat, Passamwendé Maimouna Ouédraogo, s'illustre dans l'appui à l'enfance en difficulté à Soubré, dans le Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire, depuis plus de 30 ans. Cette burkinabè de 55 ans force l'admiration dans cette ville, où elle est connue comme le loup blanc.

Au quartier Gabon 7 de Soubré, où son nom résonne sur presque toutes les lèvres, elle s'est faite une réputation de mère Theresa, à travers son investissement « sans calcul » dans l'assistance aux enfants défavorisés.

Femme au grand cœur, Passamwendé Maimouna Ouédraogo noircit les pages des annales de l'humanité, à sa manière, depuis trois décennies, dans le Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire, pays où elle a poussé ses premiers cris.

L'orphelinat « Compassion Esther », fondée par cette assistante sociale de formation, est devenu une référence à Soubré et à l'échelle nationale. De nombreuses personnalités ivoiriennes ont déjà visité l'établissement, les bras chargés de vivres ou de numéraires.

Figurant en bonne place sur la liste des visiteurs, la première Dame, Dominique Ouattara, y a fait un tour, le 23 juin dernier, pour saluer l' « engagement » de cette Burkinabè de 55 ans en faveur des enfants abandonnés et des orphelins en terre ivoirienne.

L'orphelinat héberge actuellement 32 enfants des deux sexes, de diverses nationalités (burkinabè, camerounais, malien, ivoirien et guinéen), dont l'âge est compris entre 0 et 15 ans.

Sur l'ensemble des sociétaires, 17 sont scolarisés, dont 12 à l'école primaire et 5 au lycée. « Grâce à l'appui des bonnes volontés, notamment des particuliers et certaines sociétés de la place, j'arrive à subvenir aux besoins des pensionnaires », raconte Maimouina Ouédraogo, mariée et mère de 8 enfants.

Elle dit s'être attaché les services de sept personnes, à majorité des femmes, qui s'occupent du nettoyage des six chambres de l'orphelinat, de la toilette, de la lessive et de la restauration des pensionnaires.

« A plus de 15 ans, les enfants quittent l'orphelinat pour laisser la place à d'autres. Je garde certains à mon domicile ou loue des appartements pour d'autres.

Je veux les assister jusqu'à ce qu'ils puissent voler de leurs propres ailes », renchérit-elle. D'ailleurs, deux anciens de l'orphelinat suivent en ce moment des études à l'université, et Mme Ouédraogo en parle avec fierté. Seulement, elle dit regretter n'avoir pas assez de soutien, surtout au sein de la communauté burkinabè, qui compte au moins 15 pensionnaires dans son centre.

« En dehors du consul honoraire de Soubré et de quelques compatriotes, la plupart des Burkinabè ne font pas montre de générosité envers moi, malgré la noblesse de mon action », lance-t-elle, tout en espérant vivre des lendemains meilleurs. Contre vents et marées, Mme Ouédraogo poursuit son œuvre et n'entend pas baisser les bras de sitôt.

L'agriculture, une autre corde à son arc

Elle ne s'est pas retrouvée dans l'humanitaire par hasard. Tout est parti d'un événement, qui l'a bouleversé à jamais, faisant d'elle une « marraine » à vie des enfants en situation difficile.

L'histoire, témoigne-t-elle, remonte à septembre 1984. « Un bébé de sexe féminin, dont la génitrice est décédée, a été retrouvé abandonné, par un homme, dans un champ de banane dans les encablures de Soubré, où je me suis installée après mon mariage.

Quand celui-ci a apporté le nouveau-né en ville, personne ne voulait le prendre, car son nombril n'était pas encore cicatrisé et puait. Je me suis porté volontiers pour prendre cet enfant à cause de l'amour pour mon prochain », se souvient dame Ouédraogo. Ainsi, elle prend l'enfant sous sa responsabilité et l'éduque jusqu'à ce qu'elle grandisse. « De nos jours, cette fille a 34 ans, mariée et est mère de quatre enfants.

Elle vit dans la brousse avec son époux », s'enorgueillit-elle. Partant de ce cas pathétique, Mme Ouédraogo va faire de son domicile un centre d'accueil pour enfants défavorisés, jusqu'en 1992, année au cours de laquelle elle un reçoit un soutien de taille. Grâce à l'aide d'un ami ivoirien, dit-elle, la société française spécialisée dans l'achat de cacao, CARJIL, lui offre les locaux actuels qui abritent l'orphelinat.

« Mon activité a pris une dimension importante après cela, et je garde toujours la même détermination à rendre service à l'humanité », avance celle qu'on pourrait qualifier d' « avocate des enfants lésés ». Ses sacrifices ont été officiellement reconnus en 2010 par l'Etat ivoirien, qui l'a délivré une attestation. « Mon rêve, c'est d'avoir un orphelinat plus grand, combiné à une école et à un centre de métier », déclare-t-elle.

Mme Ouédraogo peut d'ores et déjà compter sur le soutien de son conjoint, le cultivateur et éleveur Antoine, qui l'assiste dans ses activités quotiennes. « Je l'appuie autant que possible. L'activité n'est pas facile, surtout sans l'aide de nos compatriotes vivant à Soubré. Il faut qu'il nous épaulent, pour qu'on puisse poursuivre cette œuvre de charité », affirme celui-ci.

Outre l'humanitaire, son épouse suit ses pas dans l'agriculture et de fort belle manière. Mme Ouédraogo exploite dans les parages de Soubré, une rizière de deux hectares et un champ d'ignames de près d'un hectare, qui présentent une « bonne » physionomie en cette saison pluvieuse.

« Je peux faire 12 tonnes de riz par an, puisque nous opérons deux récoltes », précise-t-elle, non sans indiquer que la tonne de riz local bord champ coûte 150 000 francs CFA.

Si la patronne de l'orphelinat ne travaille pas sur de grandes superficies, elle s'est imposée dans le milieu de la riziculture, au point d'avoir été portée à la tête des producteurs dans la région de la Nawa.

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