27 Juillet 2018

Sénégal: Révision du code forestier pour dissuader les coupeurs illicite de bois - 4 a 10 ans de prison assortie de 10 a 30 millions d'amende

L'Etat corse son dispositif de traque et de dissuasion des délinquants de la forêt. En effet, en plus de la mise en commun des Force de défense et de sécurité, le Sénégal a renforcé les sanctions aussi bien privatives de liberté que financières contre les coupeurs illicites de bois. Le Code forestier a été révisé à cet effet, consacrant des peines de prison de 4 à 10 ans et des amandes comprises entre 10 et 30 millions de F Cfa contre tout contrevenant.

4 à 10 ans de prison ferme, au lieu de 6 mois comme c'était le cas jusqu'à présent, assortie d'une amande de 10 à 30 millions de F Cfa, c'est la peine qu'encourent les coupeurs illicites de bois au Sénégal, conformément au Code forestier révisé. Mame Thierno Dieng, ministre de l'Environnement et du Développement durable, en a fait la révélation hier, jeudi 26 juillet à Kaolack, lors de l'atelier régional de restitution des résultats de l'étude de cas sur la problématique de la gestion des forêts transfrontalières entre la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal.

«Pour ce qui concerne le Sénégal, je peux citer deux choses: la première chose la plus importante, c'est la mise en commun des Force de défense et de sécurité. La seconde, nous nous sommes donné un moyen juridique d'adresser la question de la façon la plus exhaustive possible parce que nous avons révisé le Code forestier, avec trois choses principales. La première chose, nous avons caractérisé les incriminations en définissant ce que c'est le trafic illicite de bois, le trafic international de bois. Et quand on définit les incriminations, on leur applique des sanctions. Et nous avons renforcé les sanctions aussi bien privatives de liberté que les sanctions financières. En termes de privation de liberté, maintenant la peine ne peut pas être inférieure à 4 ans, minimum 4 ans, et ça peut aller jusqu'à 10 ans.

Les sanctions financières, c'est au minimum 10 millions, et ça peut aller jusqu'à 30 (millions).» Le ministre sénégalais de l'Environnement s'empressera de préciser que l'objectif n'est de sanctionner, mais plutôt de dissuader les délinquants de la forêt. «Le but n'est pas de sanctionner, c'est de dissuader. Si les gens sont dissuadés, on pense qu'ils arrêteront de couper. Mais si jamais ils coupent et qu'on les prend, ils n'auront plus le temps de récidiver parce que dans l'ancien code on ne pouvait pas les enfermer à plus de 6 mois», a déclaré Mame Thierno Dieng. Et d'ajouter, d'un ton ferme, que ces derniers ne peuvent pas échapper à l'arsenal de l'Etat. «Derrière la prise de conscience, il y a des actes qu'on pose qui illustrent la correcte prise de conscience de l'ampleur du problème et des moyens qu'il faut mettre en œuvre pour mettre un terme à ça. Les gens coupent, mais ils ne peuvent pas être plus têtus que nous, ils ne peuvent pas être audessus des moyens de l'Etat.»

LA GAMBIE INTERDIT L'EXPLOITATION DE LA FORET

Auparavant, le ministre en charge de l'Environnement s'est d'abord félicité de la décision du gouvernement gambien d'interdire l'exploitation de la forêt. Mieux, selon Mame Thierno Dieng, «à l'échelle locale, chaque pays est entrain de prendre des mesures locales pour faire ce qu'il faut faire pour arrêter la coupe illicite de bois.» Mme Kristina Svensson, Représentant de la Banque mondiale a indiqué que l'objectif global de cette étude est de produire des données et des informations pour une meilleure préparation du «Projet régional de gestion durable et participative des forêts et des énergies traditionnelles et de substitution impliquant la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal.» Et de rappeler qu'en septembre 2017, une mission exploratoire de la Banque mondiale avait visité les trois pays pour informer les autorités de l'intérêt de son institution de les appuyer dans la gestion durable des ressources forestières et des énergies domestiques.

En ce sens que dans ces trois pays, à l'image d'autres pays de la CEDEAO, la déforestation constitue un problème environnemental majeur. Plusieurs autres autorités des trois Etats ont pris part au conclave dont Lamine Djiba, ministre de l'Environnement, des Changements climatiques et des Ressources Naturelles et Fafa Sagna, ministre du Pétrole et de l'Energie de la Gambie; Nicolas Dos Santos, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Antonio Serifo Embalo, ministre de l'Energie et des Ressources Naturelles et Suleimane Seidi, Secrétaire d'Etat au Trésor représentant le ministre de l'Economie et des Finances de la Guinée-Bissau. Il y a aussi Mario Dias Sami, Président du réseau des parlementaires pour l'Environnement, représentant l'Assemblée nationale de la Guinée-Bissau et des élus locaux des régions frontalières, entre autres.

Sénégal

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