Comores: Référendum - Les arguments du régime, les réticences de l'opposition

Moroni, la capitale de la Grande-Comore, d'où le prochain Président devrait être originaire.

Ce samedi 28 juillet à minuit heure locale, la campagne du référendum constitutionnel touchera à sa fin aux Comores. Le peuple va choisir si oui ou non il souhaite modifier sa Constitution. Principaux changements : les disparitions de la Cour constitutionnelle et des trois postes de vice-présidents, la possibilité d'une réélection pour chaque île lors de la présidence tournante et un suffrage universel à deux tours. Dans la Constitution actuelle, seuls les électeurs de l'île où échoit la tournante votent au premier tour.

La disparition d'institutions budgétivores est un argument fallacieux pour les gouverneurs des îles qui seraient forcés de démissionner à mi-mandat si le « oui » l'emportait. Mohamed Ismaïl, le porte-parole de la présidence s'en explique : « Je veux prendre un exemple : qu'est-ce que la fonction de vice-président a apporté de bien pour ce pays ?

En démocratie, en économie, en épanouissement socioculturel, cela n'a rien apporté, mais au contraire, ça devient nuisible, pourquoi garder une telle institution ? On a des problèmes de masses salariales. Nous passons des gouverneurs qui avaient un gouvernement de commissaires à des gouverneurs qui auront des pouvoirs décentralisés. »

Au sein de l'opposition, on mise sur l'invalidation de ce scrutin par la communauté internationale. La présidence répond à cela sans détour. « La tournante est là. Elle tournait pendant une période de cinq ans, on propose une période de 10 ans. L'opposition a le droit d'appeler à voter "non", de s'abstenir. Mais qu'elle pense que des pays étrangers vont se soucier de l'intérêt des Comores à sa place, c'est là où l'opposition se trompe. Depuis quand la France s'est préoccupée de la démocratie aux Comores ? »

L'union de l'opposition n'a pas fait campagne pour le « non » mais s'est contentée d'appeler au boycott du référendum.

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