Burkina Faso: Le procès du putsch raté suspendu deux semaines

(Image d'archives) - La police disperse une manifestation contre le coup d'Etat militaire du 6 aout le lendemain du putsch a Nouakchott - Police disperse a protesters

Au Burkina Faso, le procès du coup d'Etat manqué est suspendu pour deux semaines. Après un mois, ce sont 27 accusés qui sont passés devant le tribunal pour donner leur version des faits et se défendre. Il reste encore plusieurs militaires et civils à interroger sur leur participation au putsch manqué qui a fait 13 morts.

Dont les généraux Gilbert Diendéré, ex-chef d'état-major particulier de la présidence sous Blaise Compaoré, et Djbrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères. L'adjudant-chef Bondjaté Dibloni, qui a assuré la sécurisation du trajet de l'équipe de médiation conduite par le président Macky Sall était à la barre samedi.

Accusé par un sergent d'avoir participé à une patrouille dans la ville de Ouagadougou, l'adjudant-chef Bondjaté Dibloni a qualifié de « bancales » les accusations portées contre lui. « J'ai juste assuré la sécurisation du trajet emprunté par le cortège des médiateurs de la Cédéao » a soutenu devant le tribunal le sous-officier.

Selon Bondjaté Dibloni, le coup d'Etat est l'oeuvre des soldats du groupement des unités spéciales. Il affirme avoir quitté le camp dès le 18 septembre 2015 en lançant ces mots : « ce sont eux qui ont créé la situation, qu'ils la gèrent », parlant des membres du groupement des unités spéciales de l'ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Selon l'avocat de l'accusé, il n'y a aucune preuve matérielle contre son client. Il estime que ce dernier est devant le tribunal suite à des allégations.

En tout, vingt-sept soldats sont déjà passés devant le tribunal. Et selon maître Prosper Farama, l'un des avocats des parties civiles, l'interrogatoire des premiers accusés a permis une avancée énorme. L'avocat souligne qu'il s'agissait d'un coup d'Etat planifié, au cours duquel les opérations de maintien de l'ordre ont occasionné des morts.

Selon maître Bali Baziemo, l'ex-avocat de l'adjudant-chef major Eloi Badiel, présenté comme le chef des opérations durant l'arrestation des autorités de la transition, le plus important est que chaque accusé est enfin libre de donner sa version, et c'est au tribunal de trancher.

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Plus de: RFI

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