30 Juillet 2018

Cameroun: Artisans de la paix

L'élection présidentielle du 7 octobre 2018 se prépare dans un contexte marqué, entre autres, par la perturbation de la paix sociale dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où des groupes sécessionnistes armés s'en prennent aux forces de défense et de sécurité et aux citoyens qui s'opposent à leur projet de partition du Cameroun. Dans ces conditions, les médias écrits, audiovisuels et cybernétiques ont un rôle encore plus important à jouer.

Au-delà du fait qu'ils doivent accomplir avec impartialité et professionnalisme la mission d'information qui est la leur sur les candidats, leurs programmes et les enjeux du scrutin, les médias doivent par ailleurs œuvrer pour la préservation de la paix sociale, de l'unité et de l'intégration nationales. Par conséquent, ils doivent éviter de publier ou de diffuser tout ce qui est de nature à fragiliser les idéaux de paix sociale, d'unité, d'intégration nationale, de démocratie et de respect des droits de l'Homme.

Comme l'indique fort opportunément le Conseil national de la communication, tout appel direct ou indirect à la sécession est prohibé, de même que doit être censuré tout message de soutien aux sécessionnistes et au sécessionnisme. Les propos de nature à favoriser des affrontements ou à les susciter doivent être également proscrits.

En le faisant, les médias vont éviter de mettre de l'huile sur le feu, quand on sait que les périodes électorales ont souvent été émaillées de violence dans plusieurs pays africains où la démocratie s'enracine encore du fait du manque de culture du débat contradictoire et d'acceptation du verdict des urnes. C'est pourquoi les médias ne doivent pas s'ouvrir aux candidats qui ambitionnent de pousser les populations à contester et à descendre dans la rue au cas où ils ne sont pas d'accord avec la volonté populaire exprimée à travers les urnes.

Ces indications valent d'autant plus la peine d'être données que l'observation du travail effectué par les médias en ce moment montre que les choses ne vont pas toujours dans la bonne direction. Car avant même l'ouverture officielle de la campagne électorale en vue de la prochaine présidentielle, plusieurs médias ont déjà choisi leur camp.

Ils épousent les lignes de fracture qui structurent traditionnellement l'espace politique camerounais et expriment sans retenue les relations de copinage qu'ils entretiennent avec certains prétendants à la magistrature suprême. Foulant ainsi au pied les notions de transparence, de pluralisme et d'équilibre. En ne recueillant pas les opinions de tous les potentiels candidats, en ne reflétant pas la diversité des courants de pensée, ces médias ne travaillent pas pour une élection apaisée.

Ils n'aident pas l'électeur à avoir la somme de bonnes informations dont il a besoin pour opérer un choix éclairé. En un mot comme en mille, les médias, en cette période de compétition électorale, doivent être plus que jamais des artisans de la paix dotés d'un sens élevé de responsabilité. Car la paix sociale qu'il faut défendre n'a pas de prix. C'est un bien commun à préserver.

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