Cameroun: Boko Haram - Ces soldats-là n'auront pas fait le buzz

Non ! Ils n'ont pas pu faire ça ! On n'ose pas croire que les images qui circulent en boucle sur les réseaux sociaux sont véridiques et authentiques. Comment croire, en effet, que des soldats de l'armée régulière camerounaise aient abattu de sang-froid deux femmes et deux enfants en bas âge dont un bébé ; qu'ils ont pris un malin plaisir à filmer ces atrocités pour les balancer ensuite sur le Net. C'est pourtant le contenu innommable de cette vidéo qui circule depuis deux jours

On y voit une scène d'une atrocité incroyable. Après avoir rudoyé leurs pauvres captifs, les soldats en uniforme de l'armée et kalach au poing les conduisent vers un tertre. L'une des suppliciées tient sa fillette par la main et sa compagne d'infortune porte son bébé au dos.

Parvenus à destination, après avoir bandé leurs yeux et mis un tee-shirt sur la tête de la fillette, ces hommes les mettent à genoux et leur tirent une vingtaine de projectiles dans le dos. Le tout à grand renfort de commentaires et de gros plans sur les quatre corps inertes gisant sur le sol dans une mare de sang.

Il faut avoir le cœur bien accroché pour parvenir à supporter ces images insoutenables et d'une cruauté inouïe.

Ces bourreaux de femmes et d'enfants qui se présentent comme le caporal chef tsho-tsho, le soldat de 2e classe cobra et leur complice, cinéaste de l'horreur, font-ils réellement partie des effectifs de la Grande Muette ? Et leurs quatre victimes étaient-elles des « BH » ? Comprenez des « Boko Haram » comme on peut l'entendre dans le film...

Ce sont là des questions qu'on ne peut que se poser quand on sait qu'avec les technologies de l'information et de la communication, les montages de tous genres, les fake news, l'intox et la falsification de l'information sont devenus monnaie courante.

Pour autant on aurait tort de crier tout de suite à la cabale pour salir l'image des militaires camerounais. Cela d'autant plus que, pour les spécialistes, aussi bien la tenue des soldats que le français qu'ils utilisent renvoient à l'armée camerounaise, sans oublier le paysage qu'on aperçoit en arrière-plan et qui s'apparenterait à celui de l'extrême nord du Cameroun où justement les troupes de Paul Biya ont maille à partir avec la secte islamiste.

Qui pis est, la soldatesque camerounaise serait coutumière de ce genre de faits, que ce soit dans cette région-ci ou dans l'ouest anglophone où elle sévit « sans état d'âme »contre les sécessionnistes d'Ambazonie.

Il faut donc espérer que l'enquête ouverte par les autorités camerounaises pour établir d'abord l'authenticité de la vidéo et prendre le cas échéant les mesures idoines soit vite bouclée, car des soldats de quelque armée qu'ils soient ne sauraient se comporter comme des barbares d'un autre âge.

Quand bien même ces femmes et ces enfants lâchement assassinés auraient été de vrais « BH », était-ce une raison suffisante pour les exécuter froidement ?

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Plus de: L'Observateur Paalga

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