Mali: Présidentielle - Des électeurs empêchés de voter

Présidentielle 2018 au Mali
30 Juillet 2018

Au Mali, 24 heures après la fermeture des 22 325 bureaux de vote et alors que les résultats sont centralisés, la question du taux de participation et celle des localités n'ayant pas voté nourrisent les débats.

Sur le premier volet de la question, c'est à dire le taux de participation des Maliens à ce premier tour du scrutin, aucun chiffre officiel n'a été jusque là clairement présenté. Mais de façon générale, l'élection n'a pas suscité un grand engouement auprès des électeurs. Si, du côté des autorités gouvernementales, on semble sous-estimer le constat, la situation a tout de même préoccupé la grande majorité des missions d'observation sur le terrain. Elles parlent d'une faible participation.

Ce n'est une surprise pour Ibrahim Maiga. Cet analyste du bureau malien de l'Institut d'Etudes de Sécurité explique que depuis l'avènement de la démocratie dans ce pays, les différents scrutins qui se sont succédés ont prouvé que le Mali a une tradition de participation assez faible. Et cela n'a jamais remis en cause la légitimité de l'élection.

" Ce qui pourrait changer cette fois-ci, c'est que dans plus de 644 bureaux de vote les gens ont été empêchés d'excercer leur droit de vote", affirme-t-il. "Cela recouvre à peu près 300 000 voix. Si l'écart venait à se resserrer entre les candidats, que ça soit pour la première ou la deuxième place, il est possible que cela devienne effectivement litigieux et que le faible taux de participation soit un argument mis en avant par un candidat ou plusieurs candidats pour contester les résultats de ce scrutin-là. Mais pour l'instant ce n'est pas un problème en soi."

Des électeurs empêchés de voter

S'agissant justement des localités où les populations n'ont pu accomplir leur devoir civique, le gouvernement dans un communiqué publié ce lundi a porté le nombre de bureaux concernés à 716, soit environ 3% du nombre total. Serait-il alors envisageable de reprendre le vote pour cette catégorie? Ibrahim Maiga n'y croit pas vraiment.

" Cela n'est pas prévu", souligne-t-il. "Le scrutin présidentiel est un scrutin national; en 2016 lors des communales, environ une soixantaine de localités en particulier dans le centre n'avaient pas pu organiser les élections locales, cela a été constaté et il était prévu qu'à une date récente de tenir ce scrutin-là donc de façon décalée. Pour l'élection présidentielle cela semble très compliqué. Je pense qu'on s'achemine probablement vers une constatation de l'incapacité à organiser le scrutin dans ces localités-là."

Si les résulats provisoires de certaines régions et de la diaspora malienne sont d'ores et déjà détenus par les états-majors des différents candidats et même diffusés par certains médias locaux, cela ne devrait pas suffir pour avancer des tendances.

Il va falloir patienter encore jusqu'à mercredi; et pour les résultats officiels provisoires d'ici vendredi, avant un éventuel second tour le 12 août.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Deutsche Welle

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.