31 Juillet 2018

Congo-Kinshasa: Retour annoncé de Bemba - Vers une redistribution des cartes

Photo: Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Urnes de vote

Annoncé pour le 31 juillet dernier, c'est, en principe, aujourd'hui, 1er août 2018, que Jean Pierre Bemba fera son retour au bercail. En compagnie de son épouse et de ses cinq enfants, l'ex-vice-président atterrira par vol privé à l'aéroport international de Ndjili, à Kinshasa ; l'escale de Gemena, son village natal où il devait se recueillir sur la tombe de son père n'ayant pas été autorisée.

Naturellement, c'est une foule des grands jours qui accueillera celui-là qui, après dix années passées dans les liens de la détention pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a été finalement acquitté par la Cour pénale internationale (CPI).

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC), a mis les petits plats dans les grands pour que le retour de son mentor en RDC, soit à la hauteur du poids et du charisme politiques de l'homme qui, faut-il le rappeler, avait mis en ballotage l'actuel chef de l'Etat, Joseph Kabila, lors de la présidentielle de 2008.

Conscient donc des éventuels débordements que pourrait engendrer cet événement grandeur nature, le MLC a pris les devants en demandant aux autorités congolaises, une équipe de sécurité pour encadrer l'escorte de Bemba.

Mieux, il a sollicité l'appui des forces internationales en présence, la MUNUSCO en l'occurrence, pour assurer la protection de l'ex-pensionnaire de la prison de Scheveningen. Comme quoi, « mieux vaut toujours prévenir que guérir ».

Car, Jean Pierre Bemba n'est pas n'importe qui et son retour au pays, il faut le dire, est loin de plaire à tous les Congolais, surtout au regard du moment choisi, c'est-à-dire à quelques mois seulement des élections générales du 23 décembre prochain.

Une nouvelle carte politique est en train de se dessiner

On l'aurait élargi deux ans plus tôt ou plus tard que l'on n'assisterait pas à une telle frénésie autour de sa détermination à rentrer au pays. Mais c'est de bonne guerre.

Reste maintenant à l'Opposition congolaise de savoir tirer les marrons du feu, d'autant que Bemba qui promet de déposer sa candidature dans les délais impartis, n'exclut pas la possibilité de se désister en faveur d'un autre candidat que les adversaires du président Kabila viendraient à désigner consensuellement.

C'est le signe d'une volonté de dépassement de soi et c'est tant mieux. Et s'il se résolvait à poser un tel acte, cela traduirait une certaine sagesse et un réalisme politique. Car, la RDC n'est plus la même que Bemba a connue il y a dix ans. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de la politique congolaise. Peut être aura-t-il d'ici aux élections, les moyens de se défaire de cette image de rebelle qui lui colle à la peau.

Mais s'il y a quelque chose dont on est certain, c'est que le retour de Bemba en RDC, entraînera une redistribution des cartes. C'est une nouvelle carte politique qui est ainsi en train de se dessiner. Mais pour l'instant, toute l'opinion nationale et internationale est suspendue aux lèvres de Kabila fils.

Va-t-il oui ou non briguer un nouveau mandat ? C'est la question que plus d'un se pose, étant donné que la tension monte chaque jour que Dieu fait. Du reste, une quarantaine de militants de la Lucha ont été arrêtés hier, parce qu'ils manifestaient pour réclamer justice pour un des leurs mort dans un incendie.

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