Congo-Kinshasa: Le retour de Bemba vu par les congolais

Radio Okapi/ John Bompengo
L’ambiance au siège du MLC à Kinshasa (archive)

Jean Pierre Bemba, a regagné Kinshasa ce 1er août. Il a été accueilli par ses partisans à l'aéroport. Ce retour de l'ex-chef de guerre est diversement apprécié par les défenseurs des droits humains et autorités.

Ce mercredi 1er août est un jour spécial pour les militants et responsables du MLC, le mouvement de Libération du Congo. Après 11 ans d'absence, Jean Pierre Bemba, président du parti, revient en République démocratique du Congo.

Un important dispositif policier était en place dès ce mercredi matin sur les grandes artères de la ville et près du siège de son parti.

Un dispositif sécuritaire dénoncé par les responsables du parti.

Pour les partisans de Jean Pierre Bemba, son retour à Kinshasa est une occasion pour provoquer une alternance politique au sommet de l'État.

Depuis la libération du leader du MLC, ses moindres mouvements sont commentés avec passion en RDC. Un engouement qui ne fait pas oublier pour autant les exactions commises par les hommes de l'ancien seigneur de guerre congolaise, explique Dominique Kamuandu, juriste et défenseur des droits de l'homme : "Il y a de lourdes présomptions qui pèsent sur ces hommes ou sur lui-même mais au-delà de cela il est difficile de prendre une position tranchée. Les personnes qui ont vécu dans les provinces sous l'emprise du MLC apprécieraient les choses différemment des gens qui étaient loin de tout cela."

Le retour de Jean Pierre Bemba a certes déjà secoué l'échiquier politique de la RDC. Mais c'est surtout la facilité avec laquelle les autorités congolaises ont ouvert le boulevard à l'homme politique qui étonne beaucoup en RDC.

Il lui a été rapidement délivré un passeport diplomatique congolais après son acquittement par la Cour pénale internationale (la CPI). Pour certains, c'est une pierre lancée dans le jardin de l'aile dure de l'opposition incarnée jusque-là par Moïse Katumbi.

Jean Pierre Bemba en sursis?

Le sénateur Tekys Mulayila, coordinateur du groupe parlementaire de la mouvance présidentielle se réjouit du retour de Jean-Pierre Bemba mais il ajoute : "Il était en prison. Il est maintenant libre. S'il reprend son comportement de la période de rébellion, il subira la rigueur de la loi. Nous ne sommes plus en guerre. Si quelqu'un vient et se permet d'avoir des milices la constitution va s'appliquer à lui. Les tribunaux existent."

Jean-Pierre Bemba qui a passé les dix dernières années à la prison de Scheveningen, à La Haye, a estimé, lors de sa première conférence de presse, à Bruxelles, de n'avoir jamais pris les armes de gaieté de cœur. "Il le fallait pour amorcer un retour à la démocratie", selon lui avant d'ajouter : "mais il n'en est plus question et je souhaite conquérir le pouvoir par les urnes.

Jean Pierre Bemba a annoncé son intention de déposer dès demain jeudi sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre.

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